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Tome huitième.
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126 CORRESPONDANCE,

tenant occupé par un malade, et qu’il n’a pas même voulu nousmontrer. Nous avons vu quelques endroits sur lesquels nous nesommes pas encore décidés : mon désir ardent étant de m’éloignerde Londres, et M. Hume pensant que cela ne se peut sans savoirl’anglais, je ne puis mieux faire que de m’en rapporter entièrementà la direction d’un conducteur si zélé. Cependant je vous avoue,madame, que je ne renoncerois pas facilement à la solitude dontje m’étois flatté, et où je comptais nourrir à mon aise les précieuxsouvenirs des bontés de M. le prince deConti et des vôtres.

M. Hume m’a dit qu’il couroit à Paris une prétendue lettre quele roi de Prusse m’a écrite (*). Le roi de Prusse m’a honoré de saprotection la plus décidée et des offres les plus obligeantes ; maisil ne m’a jamais écrit. Comme toutes ces fabrications ne tarissentpoint, et ne tariront vraisemblablement pas si tôt, je desireroisardemment qu’on voulût bien me les laisser ignorer, et que mesennemis en fussent pour les tourments qu’il leur plaît de se don-ner sur mon compte, sans me les faire partager dans ma retraite.Puissé-je ne plus rien savoir de ce qui se passe en terre ferme,hors ce qui intéresse les personnes qui me sont chères ! J’apprends,par une lettre de Neuchâtel, que mademoiselle Le Vasseur estactuellement en route pour Paris ; peut-être au moment où vousrecevrez cette lettre, madame, sera-t-elle déjà chez madame lamaréchale : je prends la liberté de la recommander de nouveau àvotre protection, et aux bons conseils de missBeckett. Je souhaitequ’elle vienne me joindre le plus tôt qu’il lui sera possible : elles’adressera à Calais, à M. Morel Disque, négociant; et à Dou-vres, à M. Minet, maître des paquebots, qui l’adressera à M. Ste-ward, à Londres.

Je ne puis rien vous dire de ce pays, madame, que vous nesachiez mieux que moi ; il me paroit qu’on m’y voit avec plaisir,et cela m’y attache. Cependant j’aimerois mieux la Suisse quePÀngleterrc; mais j’aime mieux les Anglois que les Suisses. Vo-tre séjour chez cette nation, quoique court, lui a laissé des impres-sions qui m’en donnent de bien favorables sur son compte. Toutle monde m’y parle de vous, même en songeant moins à moi qu’àsoi. On s’y souvient de vos voyages comme d’un bonheur pourl’Angleterre, et je suis sûr d’y trouver partout la bienveitlance,en me vantant de la vôtre. Cependant, comme tout ce qu’on ditne vaut pas, à mon gré, ce que je sens, je voudrais de l’hôtel de(*) appendice aux Confessions, tome i.