J Si CORRESPONDANCE.
épanchement me frappa plus que tout le reste. Je partis le lende-main pour cette province , où j’ai rassemblé de nouveaux faits ,réfléchi, combiné et conclu, en attendant que je meure.
J’ai toutes mes facultés dans un bouleversement qui ne mepermet pas de vous parler d’autres choses. Madame, ne vous re-butez pas par mes misères, et daignez m’aimer encore, quoique leplus malheureux des hommes.
J’ai vu le docteur Gatti en grande liaison avec notre homme :et deux seules entrevues m’ont appris certainement que, quoiquevous en puissiez dire, le docteur Gatti ne m’aime pas. Je dois vousavertir aussi que la boite que vous m’avez envoyée par lui avoitété ouverte, et qu’on y avoit mis un autre cachet que le vôtre. Ily a presque de quoi rire à penser combien mes curieux ont étépunis.
A MM. BECKET ET UE HONDT,
Libraires à Londres.
wootton, le 9 avril 1760.
J’étois surpris, messieurs, de ne point voir paraître la traduc-tion et l’impression des lettres de M. Du Peyrou, que je vous airemises, et dont vous me paraissiez si empressés : mais en lisantdans les papiers publics une prétendue lettre du roi de Prusse àmoi adressée, j’ai d’abord compris pourquoi celles de M. Du Pey-rou ne paroissoient point. A la bonne heure, messieurs, puisquele public veut être trompé, qu’on le trompe ; j'y prends quant àmoi fort peu d’intérêt, et j’espère que les noires vapeurs qu’onexcite à Londres ne troubleront pas la sérénité de l'air que je res-pire ici. Mais il me parait que, ne faisant aucun usage de cetexemplaire, vous auriez dû songer à me le rendre avant que jevous en lisse souvenir. Ayez la bonté, messieurs, je vous prie, defaire remettre cet exemplaire à mon adresse, chez M. Daveuport,demeurant près du lord Egremont, en Piccadilly. Je vous fais,messieurs, mes très humbles salutations (*).
A M. F,-H. ROUSSEAU.
Wootton, le 10 avril 1766.
Je me reprocherais, mou cher cousin, de tarder plus long-temps à vous remercier des visites et amitiés que vous m'avez
(“) Les lettres dont il s’agit ont été imprimées en franoois, et publiées à Londres chezles mêmes libraires, in-12, I7GS.— Des circonstances tout-à-fait indépendantes delàvolonté de ces libraires en avoient retardé l’impression.