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COliKESPOVDAXCE.
et son gouvernement. Tout-à-coup, et sans aucune cause assi-gnable, ce ton change, mais si fort et si vite, que dans tous lescaprices du public on n’en vit jamais un plus étonnant. Le signalfut donné dans un certain magasin aussi plein d’inepties que demensonges, et où l’auteur, bien instruit, me donnoit pour fils demusicien. Dès ce moment, tout part avec un accord d’insulteset d’outrages qui tient du prodige; des foules de livres etd’écrits m’attaquent personnellement, sans ménagement, sansdiscrétion, et nulle feuille n’oseroit paroitre si elle ne contenoitquelque malhonnête contre moi. Trop accoutumé aux injures dupublic pour m’en affecter encore, je ne laissois pas d’être surprisde ce changement si brusque, de ce concert si parfaitement una-nime , que pas un de ceux qui m’avoient tant loué ne dit un seulmot pour ma défense. Je trouvois bizarre que précisément aprèsle retour de M. Hume, qui a tant d’influence ici sur les gens delettres et de si grandes liaisons avec eux, sa présence eut produitun effet si contraire à celui que j’en pouvois attendre ; que pas unde ses amis ne se fût montré le mien; et l’on voyoit bien que lesgens qui me traitoient si mal n’étoient pas ses ennemis, puisqu'enfaisant sonner haut sa qualité de ministre, ils disoient que je n’a-vois traversé la France que sous sa protection; qu’il m’avoit ob-tenu un passe-port de la cour de France ; et peu s’en falloit qu’ilsn’ajoutassent que j’avois fait le voyage à ses frais. Une autre chosem’étonnoit davantage. Tous m’avoient également caressé à mon ar-rivée ; mais à mesure que notre séjour se prolongeoit, je voyoisde la façon la plus sensible changer avec moi les manières de sesamis. Toujours, je l’avoue, ils ont pris les mêmes soins eu mafaveur ; mais, loin de me marquer la même estime, ils accom-pagnoient leurs services de l’air dédaigneux le plus choquant :on eût dit qu’ils ne clierchoient à m’obliger que pour avoir droitde me marquer du mépris. Malheureusement ils s’étoient empa-rés de moi. Que faire, livré à leur merci dans un pays dont je nesavois pas la langue? Baisser la tête et ne pas voir les affronts.Si quelques Anglois ont continué à me marquer de l’estime, cesont uniquement ceux avec qui M. Hume n’a aucune liaison.
Les flagorneries m’ont toujours été suspectes. U m’en a fait desplus basses et de toutes les façons, mais je n’ai jamais trouvé dansson langage rien qui sentît la vraie amitié. On eût dit même qu’envoulant me faire des patrons il cherchoit à m’ôter leur bienveil-lance : il vouloit plutôt que j’en fusse assisté qu’aimé ; et cent fois