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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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les hommes, en devenant volontairement l’obligé de celui dontj’étois trahi.

Je fis mon devoir, non sans peine ; j’écrivis directement à M. legénéral Conway, et avec autant de respect et d’honnêteté qu’ilme fut possible, sans refus absolu ; je me défendis pour le pré-sent d’accepter. M. Hume avoit été le négociateur de l’affaire, leseul même qui en eût parlé ; non seulement je ne lui répondispoint, quoique ce fût lui qui m’eût écrit, mais je ne dis pas unmot de lui dans ma lettre. Troisième soufflet sur la joue de monp:itron ; et pour celui-là, s’il ne le sent pas, c’est assurément safaute : il n’en sent rien.

Ma lettre n’étoitpas claire, et ne pouvoit l’être pour M. le gé-néral Conway, qui ne savoit pas à quoi tenoit ce refus; mais ellel’étoit fort pour M. Hume, qui le savoit très bien : cependant ilfeint de prendre le change, tant sur le sujet de ma douleur quesur celui de mon refus, et, dans un billet qu'il m’écrit, il me faitentendre qu’on me ménagera la continuation des bontés du poi, sije me ravise sur la pension. En un mot, il prétend à toute force,et quoi qu’il arrive, demeurer mon patron malgré moi. Vous ju-gez bien, monsieur, qu’il n’attendoit pas de réponse, et il n’eneut point.

Dans ce même temps à peu près, car je ne sais pas les dates,et cette exactitude ici n’est pas nécessaire, parut une lettre deM. de Voltaire à moi adressée, avec une traduction angloise quirenchérit encore sur l’original (’). Le noble objet de ce spirituelouvrage est de m’attirer le mépris et la haine de ceux chez qui jeme suis réfugié. Je ne doutois point que mon cher patron n’eûtété un des instruments de cette publication, surtout quand je visqu’en tâchant d’aliéner de moi ceux qui pou voient en ce pays merendre la vie agréable, on avoit omis de nommer celui qui m’vavoit conduit. On savoit sans doute que c'étoit un soin superflu,et qu’à cet égard rien ne restoit à faire. Ce nom, si maladroite-ment oublié dans cette lettre, me rappela ce que dit Tacite duportrait de Brutus omis dans une pompe funèbre, que chacun l’ydistiuguoit précisément pareequ'il n’y étoit pas.

On ne nommoit donc pas M. Hume, mais il vit avec les gensqu'on nommoit ; il a pour amis tous mes ennemis, on le sait :ailleurs les Tronchin, les d’Alembert, les Voltaire; mais il y a bien

(*) C'est la lettre au docteur Jean-Jacques Pansophe, qu'on a su depuis être deM. Bordes.