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Tome huitième.
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ANNÉE 1766 . 199

pis à Londres, c’est que je n’y ni pour ennemis que ses amis. Eh!pourquoi y en aurois-je d’autres ? pourquoi même y ai-je ceux-là?Qu’ai-je fait à lord Littleton, que je ne connois même pas ? Qu’ai-je fait à M. Walpoie, que je ne connois pas davantage ? Que sa-vent-ils de moi, sinon que je suis malheureux et l’ami de leurami Hume? Que leur a-t-il donc dit, puisque ce n’est que par luiqu ils me connoissent? Je crois bien qu’avec le rôle qu’il fait, ilne se démasque pas devant tout le monde ; ce ne scroit plus êtremasqué. Je crois bien qu’il ne parle pas de moi à M. le généralConway ni à M. le duc de Richmond comme il en parle dans sesentretiens secrets avec M. Walpoie, et dans sa correspondancesecrète avec M. d’Alembert ; mais qu’on découvre la trame quis’ourdit à Londres depuis mon arrivée, et l'on verra si M. Humen’en tient pas les principaux fds.

Enfin le moment venu qu’on croit propre à frapper le grandcoup, on en prépare l’effet par un nouvel écrit satirique qu’on faitmettre dans les papiers. S’il m’étoit resté jusqu’alors le moindredoute, comment auroit-il pu tenir devant cet écrit, puisqu’ileonteuoit des faits qui n’étoient connus que de M. Hume , char-gés, il est vrai, pour les rendre odieux au public?

On dit dans cet écrit que j’ouvre ma porte aux grands, et queje la ferme aux petits. Qu’cst-cc qui sait à qui j’ai ouvert ou fer-mé ma porte, que M. Hume, avec qui j’ai demeuré, et par qui sontvenus tous ceux que j’ai vus? Il faut en excepter un grand quej’ai reçu de bon cœur sans le connoître, et que j’aurois reçu debien meilleur cœur encore si je Pavois connu. Ce fut M. Humequi me dit son nom quand il fut parti. En l’apprenant, j’eus unvrai chagrin que, daignant monter nu second étage, il ne fût pasentré au premier.

Quant aux petits, je n’ai rien a dire. J’aurois désiré voir moinsde monde ; mais, ne voulant déplaire à personne, je me Jaissoisdiriger par M. Hume, et j’ai reçu de mon mieux tous ceux qu’ilm’a présentés, sans distinction de petits ni de grands.

On dit dans ce même écrit que je reçois mes parents froide-ment, pour ne rien dire déplus. Cette généralité consiste à avoirune fois reçu assez froidement le seul parent que j’aie hors deGenève, et cela en présence de M. Hume. C’est nécessairementou M. Hume ou ce parent qui a fourni cet article. Or mon cou-sin, que j’ai toujours connu pour bon parent et pour honnêtehomme, n’est point capable de fournir à des satires publiques