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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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vie ; mais vous ne me tenez ni par ma vertu ni par mon courage,indépendant de vous et des hommes, et qui me restera tout en-tier malgré vous. Ne pensez pas m’effrayer par la crainte du sortqui m’attend. Je connois les jugements des hommes, je suis ac-coutumé à leur injustice, et j’ai appris à les peu redouter. Si vo-tre parti est pris, comme j’ai tout lieu de le croire, soyez sûr quele mien ne l’est pas moins. Mon corps est affoibli, mais jamaismou ame ne fut plus ferme. Les hommes feront et diront ce qu’ilsvoudront, peu m’importe ; ce qui m’importe est d’achever commej’ai commencé, d’étre droit et vrai jusqu’à la fin, quoi qu’il ar-rive, et de n’avoir pas plus à me reprocher une lâcheté dans mesmisères, qu’une insolence dans ma prospérité. Quelque opprobrequi m’attende et quelque malheur qui me menace, je suis prêt.Quoiqu'il plaindre, je le serai moins que vous, et je vous laissepour toute vengeance le tourment de respecter, malgré vous, l’in-fortuné que vous accablez.

En achevant cette lettre, je suis surpris de la force que j’ai euede l’écrire. Si l’on mouroit de douleur, j’en serois mort à chaqueligne. Tout est également incompréhensible dans ce qui se passe.Une conduite pareille à la vôtre n’est pas dans la nature ; elle estcontradictoire, etcependant elle m’est démontrée. Abime des deuxcôtés ! Je péris dans l’un ou dans l’autre. Je suis le plus mal-heureux des humains si vous êtes coupable ; j’en suis le plus vilsi vous êtes innocent. Vous me faites desirer d’être cet objet mé-prisable. Oui, l’état où je me verrois, prosterné, foulé sous vospieds, criant miséricorde, et faisant tout pour l’obtenir, publiantà haute voix mon indignité, et rendant à vos vertus le plus écla-tant hommage, seroit pour mon cœur un état d’épanouissementet de joie, après l’état d’étouffement et de mort où vous l’avez mis.71 ne me reste qu’un mot à vous dire. Si vous êtes coupable, nem’écrivez plus ; cela seroit inutile, et sûrement vous ne me trom-perez pas. Si vous êtes innocent, daignez vous justifier. Je con-nois mon devoir, je l’aime et l’aimerai toujours, quelque rude qu’ilpuisse être. Il n’y a pas d’abjection dont un cœur qui n’est pasné pour elle ne puisse revenir. Encore un coup, si vous êtes inno-cent, daignez vous justifier : si vous ne l’êtes pas, adieu pour jamais.

A SI. DU PEYHOL.

Le 19 juillet-.

J’avois le pressentiment de votre goutte, et j’en seutois l'inquié-