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tide des trente livres sterling de pension m’a fait rire. Vous pour-rez, du moins je m’en flatte, juger par vous-même de ce qu'il enest. Je renvoie à ce même temps les explications qui le regardentsur ce qui s’est passé entre lui et moi. Je vois, par vos lettres etpar celles de M. d’Escherny, que vous me jugez l’un et l’autrefort affecté des satires publiques et du radotage de ce pauvreVoltaire. Je laisse croire aux autres ce qu’il leur plait ; mais com-ment se peut-il que vous me connoissiez si mal encore, vous quisavez que je fois imprimer moi-même les libelles qui se font con-tre moi? Soyez bien persuadé que depuis long-temps rien, de lapart de mes ennemis ni du public, ne peut m'affecter un seulmoment. Les coups qui me navrent me sont portés de plus près,et j’en serois digne si je n’y étois pas sensible. Si le prédicant dellontmollin pubiioit des satires contre vous, je crois qu’elles nevous blesseroient guère; mais si vous appreniez que J.-J. Rous-seau s’entend avec lui pour cela, resteriez-vous de sang-froid?J’espère que non. Voilà le cas où je me trouve. De grâce, monbon hôte, ne soyez plus si prompt à méjuger sans m’entendre.Quelque jour vous conviendrez, je m’assure, que je suis en An-gleterre le même que je fus auprès de vous.
J’étois bien sûr que les trois cents louis ne tarderoient pas d’ar-river. Celui qui les envoie est un bon papa qui n’oublie pas sesenfants; mais, au compte que vous faites à ce sujet, il me paroitque mon cher tuteur, si on le laissoit faire, auroit besoin soi-même d’un autre tuteur. Nous parlerons de cela une autre fois.J’ai tiré sur vos banquiers une lettre de sept cent trente livres deFrance, lesquelles, jointes aux soixante-dix livres marquées survotre compte, font huit cents livres pour le premier semestre. Jen’ai point encore reçu de nouvelles de mes livres. Mille tendressalutations à tous nos amis, et respects à la très bonne maman.Je vous embrasse.
A MILORD MARÉCHAL.
Le 20juillet I7C6.
La dernière lettre, milord, que j’ai reçue de vous étoitdu 25mai. Depuis ce temps j’ai été forcé de déclarer mes sentiments àM. Hume : il a voulu une explication, il l’a eue ; j’ignore l’usagequ’il en fera. Quoi qu’il en soit, tout est dit désormais entre lui etmoi. Je voudrois vous envoyer copie des lettres, mais c’est un livrepour la grosseur. Milord, le sentiment cruel que nous ne nous