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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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vous jure, très indifférent. J’ai un défenseur dont les opérationssont lentes, mais sûres : je les attends.

Je me bornerai à vous présenter une seule réflexion. Il s’agit,monsieur, de deux hommes dont l’un a été amené par l’autre enAngleterre presque malgré lui : l’étranger,, ignorant la langue dupays, ne pouvant parler ni entendre, seul, sans amis, sans ap-pui, sans connoissance, sans savoir même à qui couder une lettreen sûreté, livré sans réserve à l’autre et aux siens, malade, retiréet ne voyant personne, écrivant peu, est allé s’enfermer dans lefond d’une retraite où il herborise pour toute occupation : le Bre-ton, homme actif, liant, intrigant, au milieu de son pays, de sesamis, de ses parents, de ses patrons, de ses patriotes, en grandcrédit à la cour, à la ville, répandu dans le plus grand monde, àla tète des gens de lettres, disposant des papiers publics, en granderelation chez l’étranger, surtout avec les plus mortels ennemisdu premier. Dans cette position, il se trouve que l’un des deux atendu des pièges à l’autre. Le Breton crie que c’est cette vile ca-naille, ce scélérat d’étranger qui lui en tend : l’étranger, seul,malade, abandonné, gérait, et ne répond rien. Là-dessus le voilàjugé, et il demeure clair qu’il s’est laissé mener dans le pays del’autre, qu’il s’est mis à sa merci, tout exprès pour lui faire pièceet pour conspirer contre lui. Que pensez-vous de ce jugement ?Si j’avois été capable de former un projet aussi monstrueuse-ment extravagant, où est l’homme ayant quelque sens, quelquehumanité, qui ne devroit pas dire : Vous faites tort à ce pauvremisérable; il est trop fou pour pouvoir être un scélérat : plaignez-le, saignez-le; mais ne l’injuriez pas? J’ajouterai que le ton seulque prend M. Hume devroit décréditer ce qu'il dit : ce ton si bru-tal, si bas, si indigne d’un homme qui se respecte, marque assezque l’ame qui l’a dicté n’est pas saine ; il n’annonce pas un lan-gage digne de foi. Je suis étonné, je l’avoue, comment ce ton seuln’a pas excité l’indignation publique. C’est qu’à Paris c’est tou-jours celui qui crie le plus fort qui a raison. A ce combat-là jen’emporterai jamais la victoire, et je ne la disputerai pas.

Voici, monsieur, le fait en peu de mots. Il m’est prouvé queM. Hume, lié avec mes plus cruels ennemis, d’accord à Londresavec des gens qui se montrent, et à Paris avec tel qui ne se montrepas, m’a attiré dans son pays, en apparence pour m’y servir avecla plus grande ostentation, et en effet pour m’y diffamer avec laplus grande adresse ; à quoi il a très bien réussi. Je m’en suis