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Tome huitième.
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ANHISE 1760. 217

soit pas ouverte atout le monde, comme la plupart des maisonsde Paris. Ayez un petit nombre d’amis sûrs, et tenez-vous-en àleur commerce : ayez-en, si vous voulez, qui aient de la littéra-ture, cela jette de l’agrément dans la société; mais point de gensde lettres de profession, sur toute chose; jamais aucun auteur,quel qu’il soit. Souvenez-vous de cet avis, madame; et soyezsûre que, si vous le négligez, vous vous en trouverez mal tôt outard.

Je n’ai pas la force d’étendre jusqu’à vous ma résolution de neplus écrire; c’est une résolution que j’avois pourtant prise, maisqu’il est impossible à mon cœur d’exécuter : je vous écrirai quel-quefois , madame, mais rarement peut-être ; je voudrais qu’encela vous ne m’imitassiez pas. Je ne dois pas vous affliger, et vouspouvez me consoler. Je vous prie de ne remettre vos lettres ni àM. Coindet ni à personne, mais de les envoyer vous-même sousl’adresse ci-jointe, exactement suivie, sans que mon nom y pa-roisse en aucune façon : en prenant soin de faire affranchir leslettres jusqu’à Londres, elles parviendront sûrement, et personnene les ouvrira que moi; mais il faut tâcher, par économie, d’évi-ter les paquets, et d’écrire plutôt des lettres simples sur d’aussigrand papier qu’on veut ; car, quelque grosse que soit une lettresimple, elle ne paie que pour simple ; mais la moindre envelopperenchérit le port exorbitamment. Le dernier paquet de M. Coin-det m’a coûté six francs de port : je ne les ai pas regrettés assu-rément ; ce paquet contenoit une lettre de vous ; mais en tout cequi peut se faire avec économie, sans que la chose aille moinsbien , je suis dans une position qui m’en rend le soin très utile.Au reste, je ne sais pas qui peut vous avoir dit que j etois à vingt-cinq lieues de Londres; j’en suis à cinquante bonnes, et j’ai misquatre jours à les faire, avec les mêmes chevaux à la vérité. Re-cevez, madame, les salutations de la plus tendre amitié.

A M. M ABC-MICHEL REY.

Wootton, aoiit 17G6.

Je reçois, mon cher compère, avec grand plaisir, de vos nou-velles : l’impossibilité de trouver nulle part ce repos après lequelmon cœur soupire inutilement m’eût fait un scrupule de vousdonner des miennes, pour ne pas vous affliger. D’ailleurs, vou-lant me recueillir en moi-même autant qu’il est possible, et ne