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Tome huitième.
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COBBESPONDANCE.

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plus rien savoir de ce qui se passe dans le monde par rapport àmoi, j’ai rompu tout commerce de lettres, hors les cas d’absoluenécessité : cela fera que je vous écrirai plus rarement désormais ;mais soyez sûr que mon attachement pour vous, et pour tout cequi vous appartient, est toujours le même, et que ce seroit unegrande consolation pour moi dans la vieillesse qui s’approche,au milieu d’un cortège de douleurs de toute espèce, d’embrasserma chère filleule avant ma mort.

J'ai su que vous aviez eu aussi quelques affaires désagréables :j’en étois en peine; et je vous aurais écrit à ce sujet, si vous nem’aviez prévenu. J’augure, sur ce que vous ne m'en dites rien,que tout cela n’a pas eu des suites, et je m’en réjouis de tout moncœur ; mais mon amitié pour vous ne me permet pas de vous tairemon sentiment sur ces sortes d’affaires. Tandis que vous com-menciez et que vous aviez besoin de mettre, pour ainsi dire, à laloterie, il vous convenoit de courir quelques risques pour vousavancer ; mais maintenant, que votre maison est bien établie,que vos affaires, comme je le suppose, sont en bon état, ne lesdérangez pas par votre faute ; jouissez en paix de la fortune dontla Providence a béni votre travail ; et, au lieu d'exposer le biende vos enfants et le vôtre, contentez-vous de l’entretenir en sû-reté, sans plus vous permettre d’entreprises hasardeuses. Voilà,mon cher compère, un conseil de l’amitié, et, je crois, de la rai-son ; si vous trouvez qu’il soit à votre usage, profitez-en.

Vos gazettes disent donc que 31. Hume est mon bienfaiteur, etque je suis son protégé. Que Dieu me préserve d'être souvent pro-tégé de la sorte, et de trouver en ma vie encore un pareil bienfai-teur ! Je présume que cet article n’est que préparatoire, et qu’il ensuivra bientôt un second aussi véridique, aussi humain, aussijuste. Qu’importe, mon cher compère? Laissons dire, et M. Hume,et les plénipotentiaires, et les puissances, et les gnzetiers, et lepublic, et tout le monde; qu'ils crient, qu'ils m’outragent, qu’ilsm’insultent, qu’ils disent et fassent tout ce qu'ils voudront : moname, en dépit d’eux, restera toujours la même ; il n’est pas aupouvoir des hommes de la changer. Le public désormais est mortpour moi ; je vous prie, quand vous m’écrirez, de ne me reparlerjamais de ce qu’on y dit.

M\I. Beck et de Hondt ne m'ont point parlé de la pension demademoiselle Le Vasseur; et comme l’année n’est pas écoulée,cela ne presse pas ; mais je vous prie de ne vous servir jamais de