ANNÉE 1766 . 221
ment de leurs nouvelles : apprenez-moi le rétablissement de lapremière, et le bonheur de la seconde dans son mariage; rien nemanquera à mon plaisir en vous embrassant : assurez-les de matendre et constante amitié pour elles, et dites-leur que vous leurexpliquerez à votre retour pourquoi je ne leur ai point écrit, moiqui pense continuellement à elles, et pourquoi je n’écris plus apersonne, hors le cas de nécessité.
Vous ne manquerez pas, je vous prie, en passant à Paris, devoir madame la veuve Duchesne, libraire, etM. Guy, à qui jecompte envoyer une lettre pour vous, où je rassemblerai ce queje peux avoir à vous dire d’ici à ce temps-là, concernant votrevoyage : en attendant, je vous préviens de ne donner votre con-fiance à personne à Londres sur ce qui me regarde ; mais de re-mettre, s’il se peut, les affaires que vous pourriez avoir dans cettecapitale à votre retour, où vous pourrez aussi m’y rendre des ser-vices. Je vous prie aussi de ne m’amener personne de Londres,qui que ce puisse être, et quelque prétexte qu’ils puissent pren-dre pour vous accompagner : il suffira que vous preniez, pour laroute, un domestique qui sache la langue ; je ne vois pas que vouspuissiez vous en passer ; car dans la route, ni dans cette contrée,personne ne sait un seul mot de françois.
Je ne vous envoie point cette lettre par M. Lucadou ; vous ensaurez la raison quand nous nous serons vus : ne me répondezpas non plus par son canal ; mais envoyez votre lettre à M. DuPeyrou, qui aura la bonté de me la faire parvenir; je vous avouemême que je desirerois que M. Lucadou ne fût pas prévenu devotre voyage, de crainte qu'il ne survint des obstacles qui vousempècheroient de l’achever. Je ne puis vous en dire ici davantage ;mais tout ce que je desire pour ce moment le plus au monde, estde vousvoii arriver en bonne santé. Je vous embrasse.
A SI. DU PEVBOU.
Wootton, le 16 août 1766.
Je ne doute point, mon cher hôte, que les choses incroyablesque M. Hume écrit partout ne vous soient parvenues, et je ne suispas eu peine de l’effet qu’elles feront sur vous. 11 promet au pu-blic une relation de ce qui s’est passé entre lui et moi, avec le re-cueil des lettres. Si ce recueil est fait fidèlement, vous y verrez,dans celle que je lui ai écrite le 10 juillet, un ample détail de sa