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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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conduite et de la mienne, sur lequel vous pourrez juger entrenous ; mais comme infailliblement il ne fera pas cette publication,du moins sans les falsifications les plus énormes, je me réserve àvous mettre au fait, par le retour de M. d’Ivernois ; car vous co-pier maintenant cet immense recueil, c’est ce qui ne m’est paspossible, et ce seroit rouvrir toutes mes plaies : j’ai besoin d’unpeu de trêve pour reprendre mes forces prêtes à me manquer ; dureste, je le laisse déclamer dans le public et s’emporter aux inju-res les plus brutales ; je ne sais point quereller en charretier : j’aiun défenseur dont les opérations sont lentes, mais sûres ; je lesattends et je me tais.

Je vous dirai seulement un mot sur une pension du roi d’An-gleterre dont il a été question, et dont vous m’aviez parlé vous-même : je ne vous répondis pas sur cet article, non seulement àcause du secret que M. Hume exigeoit au nom du roi, et que jelui ai fidèlement gardé jusqu’à ce qu’il l’ait publié lui-même, maisparceque, n’ayant jamais bien compté sur cette pension, je ne vou-lois vous flatter pour moi de cette espérance que quand je seroisassuré delà voir remplir. Vous sentez que rompantavecM. Hume,après avoir découvert ses trahisons, je ne pouvois, sans infamie,accepter des bienfaits qui me venoient par lui : il est vrai que cesbienfaits et ces trahisons semblent s’accorder fort mal ensemble ;tout cela s’accorde pourtant fort bien. Son plan étoitde me servirpubliquement avec la plus grande ostentation, et de me diffameren secret avec la plus grande adresse : ce dernier objet a été par-faitement rempli ; vous aurez la clef de tout cela. En attendant,comme il publie partout qu'après avoir accepté la pension, je l’aimalhonnêtement refusée, je vous envoie une copie de la lettre quej’écrivis à ce sujet au ministre, par laquelle vous verrez ce qu’ilen est. Je reviens maintenant à ce que vous m’en avez écrit.

Lorsqu’on vous marqua que la pension m’avoit été offerte,cela étoit vrai ; mais lorsqu’on ajouta que je Pavois refusée, celaétoit parfaitement faux ; car, au contraire, sans aucun doute alorssur la sincérité de M. Hume, je ne mis, pour accepter cette pen-sion, qu’une condition unique, savoir, l’agrément de milord ma-réchal, que, vu ce qui s’étoit passé à Neuchâtel, je ne pouvois medispenser d’obtenir. Or nous avions eu cet agrément avant mondépart de Londres ; il ne restait de la part de la cour qu’à ter-miner l’affaire, ce que je n’espérois pourtant pas beaucoup;mais ni dans ce temps-là, ni avant; ni après, je n’en ai parlé à