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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

A MILORD MARÉCHAL.

7 septembre 1766.

Je ne puis vous exprimer, milord, à quel point, dans les cir-constances où je me trouve, je suis alarmé de votre silence. Ladernière lettre que j’ai reçue de vous étoit du ... Seroit-il possi-ble que les terribles clameurs de M. Hume eussent fait impressionsur vous, et m’eussent, au milieu de tant de malheurs , ôté laseule consolation qui me restoit sur la terre ? Non, milord, celane peut pas être ; votre ame ferme ne peut être entraînée parl’exemple de la foule : votre esprit judicieux ne peut être abusé àce point. Vous n’avez point connu cet homme, personne ne l’aconnu, ou plutôt il n’est plus le même. II n’a jamais haï que moiseul ; mais aussi quelle haine ! un même cœur pourroit-il suffireà deux comme celle-là ? Il a marché jusqu’ici dans les ténèbres,il s’est caché ; mais maintenant il se montre à découvert. Il a rem-pli l’Angleterre, la France, les gazettes, l’Europe entière, de crisauxquels je ne sais que répondre, et d’injures dont je me croiroisdigne si je daignois les repousser. Tout cela ne décèle-t-il pas avecévidence le but qu’il a caché jusqu’à présent avec tant de soin?Mais laissons M. Hume, je veux l’oublier malgré les maux qu’ilm’a faits : seulement qu’il ne m’ôte pas mon père ; cette perte estla seule que je ne pourrais supporter. Avez-vous reçu mes deuxdernières lettres, l’une du 20 juillet et l’autre du 9 août ? Ont-elleseu le bonheur d’échapper aux filets qui sont tendus tout autourde moi, et au travers desquels peu de chose passe ? Il paroit quel’intention de mon persécuteur et de ses amis est de m’ôter toutecommunication avec le continent, et de me faire périr ici de dou-leur et de misère; leurs mesures sont trop bien prises pour que jepuisse aisément leur échapper. Je suis préparé à tout, et je puistout supporter, hors votre silence. Je m’adresse à M. Rougemont;je ne eonnois que lui seul à Londres à qui j’ose me confier : s’ilme refuse ses services, je suis sans ressource et sans moyens pourécrire à mes amis. Ah ! milord , qu’il me vienne une lettre devous, et je me console de tout le reste !

A M. RICHARD DAVEXPORT.

Wootton, le II septembre 1766.

Après le départ, monsieur, de ma précédente lettre, j’en reçus