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Tome huitième.
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ANNÉE 1766. 231

enfin une de M. Becket : il me marque que les estampes sont dansune des autres caisses-, enfin je n’ai plus rien à dire: mais vousm’avouerez que, ne les trouvant pas dans la caisse où elles dé-voient être, et trouvant les porte-feuilles vicies, il étoit assez na-turel que je les crusse perdues. Il me reste à vous faire mesexcuses de vous avoir donné pour cette affaire bien de l’embarrasmal à propos.

Yous recevez si bien vos hôtes, et votre habitation me paroît siagréable, que j’ai grande envie de retourner vous y voir l’annéeprochaine. Si vous n’étiez pas pressé pour la plantation de votrejardin, et que vous voulussiez attendre jusqu’à l’année prochaine,il me viendrait peut-être quelques idées; car quant à présent j’ail’esprit encore trop rempli de choses tristes, pour qu’aucune idée-agréable vienne s’y présenter; mais l’asile où je suis et la viedouce que j’y mène m’en rendront bientôt, quand rien du dehorsne viendra les troubler. Puissé-je être oublié du public, comme jel’oublie ! Quoi que vous en disiez, je préférerais, et je croirais faireune chose cent fois plus utilede découvrir une seule nouvelle plante,que de prêcher pendant cinquante ans tout le genre humain.

Nous avons depuis quelques jours un bien mauvais temps,dont je serais moins affligé si j’espérois qu’il ne s’étendit pas jus-qu’à Davenport. J’en salue de tout mon cœur les habitants, et.surtout le bon et aimable maître.

A MILOKD MAKliCHAL.

wootton, le 27 septembre 1766.

Je n’ai pas besoin, milord, de vous dire combien vos deuxdernières lettres m’ont fait de plaisir et m’étoient nécessaires. Ceplaisir a pourtant été tempéré par plus d’un article, par un sur-tout auquel je réserve une lettre exprès, et aussi par ceux qui re-gardent M. Hume, dont je ne saurais lire le nom, ni rien qui s’yrapporte, sans un serrement de cœur et un mouvement convulsif,qui fait pis que de me tuer, puisqu’il me laisse vivre. Je ne cher-che point, milord, à détruire l’opinion que vous avez de cet.homme, ainsi que toute l’Europe ; mais je vous conjure, par votrecœur paternel, de ne me reparler jamais de lui sans la plus grandenécessité.

Je ne puis me dispenser de répondre à ce que vous m’en ditesdans votre lettre du 5 de ce mois. Je vois avec douleur , me mar-