CORRESPONDANCE.
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faites pour le mettre en sûreté ! Mais que puis-je faire tant quepersonne ne vient à mon secours? Quand vous m’écrivez tran-quillement : Adressez-vous à celui-ci ou à celui-là, c’est commesi vous m’écriviez : Adressez-vous à un habitant de la lune. Moncher hôte, libre et maître dans sa maison à Neuchâtel, parlantla langue, et entouré de gens de bonne volonté, juge de ma si-tuation par la sienne. Il se trompe un peu.
J’ai travaillé un peu à ma besogne au milieu du tumulte et desorages dont j’étois entouré ; c’est mon travail, ce sont mes ma-tériaux pour la suite, qui me tiennent en souci ; je souffre à pen-ser qu’il faudra que tout cela périsse. Mais, si je ne suis secouru,je n’ai qu’un parti à prendre, et je le prendrai quand je me sen-tirai pressé, soit par la mort, soit par le danger: c’est de brûlerle tout, plutôt que de le laisser tomber entre les mains de me sennemis. Tous voilà averti, mon cher hôte; si vous trouvez quej’ai mieux à faire, apprenez-le-moi, mais n’oubliez pas que voslettres seront vues.
Je vous ai donné avis de la pension. Je vois d’ici, sur cet avis,toutes les fausses idées que vous vous faites sur ma situation :votre erreur est excusable, mais elle est grande. Si vous saviezcomment, par qui et pourquoi cette pension m’est venue, vousm’en féliciteriez moins. Vous me demanderez peut-être un jourpourquoi je ne l’ai pas refusée ; je crois que j’aurai de quoi bienrépondre à cela.
Il importoit de vous donner, une fois pour toutes, les explica-tions contenues dans cette lettre, que je suis pressé de finir. Jel’adresse à M. Rougemont, de Londres, en qui seul je puis pren-dre confiance ; si on la lui laisse arriver, elle vous arrivera. Milleremercîments empressés et respects à la plus digue des mamans.Recevez ceux de mademoiselle Le Vasseur. Je vous embrasse ,mon cher hôte, de tout mon cœur.
Vous devez comprendre pourquoi je ne vous parle pas ici devoire ami; faites de même.
A M. n’iVERXOIS.
Wuotton, le 6 avril 1767.
J’ai reçu, mon bon ami, votre dernière lettre, et lu le mémoireque vous y avez joint. Ce mémoire est fait de main de maître, etfondé sur d’excellents principes; il m’inspire une grande estime