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Tome huitième.
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ANNÉE 1767. 295

Premièrement, tous mes papiers relatifs à l’Angleterre y sontencore dans un dépôt. Je les ferai tous remettre entre -vos mains,et j’y en ajouterai quelques autres assez importants qui sont restésdans les miennes. Je partirai à vide, et sans autres papiers qu’unpetit porte-feuille absolument necessaire à mes affaires, et quej’offre à visiter (') ■

Secondement, vous aurez cette lettre signée pour garant de maparole; et de plus, une autre déclaration que je remettrai en par-tant à qui vous me prescrirez, et telle que, si j’étois capable dejamais l’enfreindre de mon vivant, ou après ma mort, cette seulepièce anéantirait tout ce que je pourrais dire, en montrant dansson auteur un infâme qui, se jouant de ses promesses les plussolennelles, ne mérite d’être écouté sur rien. Ainsi mon travail,détruisant son propre objet, en rendrait la peine aussi ridiculeque vaine.

En troisième lieu, je suis prêt à recevoir toujours avec le mêmerespect et la même reconnoissance la pension dont il plait au roide m’honorer. Or je vous demande, monsieur, si, lorsque, ho-noré d’une pension du prince, j’étois assez vil, assez infâme pourmal parler de son gouvernement, de sa nation et de ses sujets, ilserait possible en aucun temps qu’on m’écoutât sans indignation,sans mépris et sans horreur. Monsieur , je me lie par les liens lesplus forts et les plus indissolubles. Vous ne pouvez pas supposerque je veuille rétablir mon honneur par des moyens qui me ren-draient le plus vil des mortels.

11 y a, monsieur, un quatrième garant, plus sûr, plus sacréque tous les autres, et qui vous répond de moi : c’est mon carac-tère connu pendant cinquante et six ans. Esclave de ma foi, fidèlea ma parole, si j’étois capable de gloire encore , je m’en feraisune illustre et fière de tenir plus (pic je n’aurois promis; mais,plus concentré dans moi-même, il me suffit, d’avoir en cela laconscience de mon devoir. Eh ! monsieur, pouvez-vous penserque, de l’humeur dont je suis , je puisse aimer la vie en portantla bassesse et le remords dans ma solitude? Quand la droiturecessera de m’être chère, c’est alors que je serai M’aiment mortau bonheur.

Non, monsieur, je renonce pour jamais à tous souvenirs péni-bles. Mes malheurs n’out rien d’assez amusant pour les rappeleravec plaisir; je suis assez heureux si je suis libre, et que je puisse

C) J’offre à visiter. Conforme au leste (le l'édition originale.