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Tome huitième.
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A.NNK8 I76T. 30S

Si par hasard M. le marquis de Mirabeau n’étoitpns chez lui,demandez M. Garçon, son secrétaire.

A M. LE MARQUIS DE MIRABEAU.

O vendredi, 11» juin 1767.

Je lirai votre livre, puisque vous le voulez; ensuite j’aurai avous remercier de l’avoir lu : mais il ne résultera rien de plus decette lecture que la confirmation des sentiments que vous m’avezinspirés, et de mon admiration pour votre grand et profond gé-nie, ce que je me permets de vous dire en passant et seulementune fois. Je ne vous réponds pas même de vous suivre toujours,parccqu’il m’a toujours été pénible de penser, fatigant de suivreles pensées des autres, et qu’à présent je ne le puis plus du tout.Je ne vous remercie point, mais je sors de votre maison fier d’vavoir été admis, et plus désireux que jamais de conserver lesbontés et l’amitié du maître. Du reste, quelque mal que vouspensiez de la sensibilité prise pour toute nourriture, c’est l’uniquequi m’est restée; je ne vis plus que par le cœur. Je veux vousaimer autant que je vous respecte. C’est beaucoup; mais voilàtout ; n’attendez jamais de moi rien de plus. J'emporterai si je puisvotre livre de plantes ; s’il m'embarrasse trop, je le laisserai, dansl’espoir de revenir quelque jour le lire plus à mon aise. Adieu,mon cher et respectable hôte; je pars plein de vous, et contentde moi, puisque j’emporte votre estime et votre amitié.

A M. DU PEYROU.

Au cliàleau de Trye, le 21 juin 1767.

J arrive heureusement, mon cher hôte, avec M. Coindet, quivous rendra compte de l’état des choses. J’espère, les premiersembarras levés, pouvoir couler ici des jours assez tranquilles,sous la protection du grand prince qui me donne cet asile. Don-nez-m’y souvent de vos nouvelles, cher ami; vous savezcombien elles sont nécessaires à mon bonheur. Vous pouvezremettre vos lettres à M. Coindet, ou les faire mettre à la postesous cette adresse : A M. Manoury, lieutenant des chasses deU. le prince de Conti , pour remettre à M. Renou , au château deTrye, par Gisors. Quand vous aurez quelque paquet à me fairetenir, il y a un carrosse de Gisors qui va à Paris tous les mercre-dis et re v ient tous les samedis, mais je ne sais pas où en est le