304 CORRESPONDANCE.
bureau à Paris; cela n’est pas difficile à trouver; il faut se ser-vir par le carrosse de la même adresse. M. Coindet va partir, jesuis très pressé; je finis en vous embrassant de tout mon cœur.
A M. LE MARQUIS DE MIRABEAU.
Tryc-le-Cliâteau, le 24 juin 1767.
J’espérois, monsieur, vous rendre compte un peu en détail dece qui regarde mon arrivée et mon habitation ; mais une douleurfort vive qui me tient depuis hier à la jointure du poignet medonne à tenir la plume une difficulté qui me force d’abréger. Lechâteau est vieux, le pays est agréable, et j’y suis dans un hos-pice qui ne me laisseroit rien à regretter, si je ne sortois pas deFleury. J’ai apporté votre livre de plantes, dont j’aurai grandsoin; j’ai apporté votre Philosophie rurale, que j’ai essayé delire et de suivre sans pouvoir en venir à bout : j’y reviendraitoutefois. Je réponds de la bonne volonté, mais non pas du suc-cès. J’ai aussi apporté la clef du parc; j’étois en train d’empor-ter toute la maison ; je vous renverrai cette clef par la premièreoccasion. Je vous prie de me garder le secret sur mon asile ; M. leprince de Conti le desire ainsi, et je m’y suis engagé. Le nom deJacques ne lui ayant pas plu, j’y ai substitué celui que je signeici, et sous lequel j’espère, monsieur, recevoir de vos nouvellesà l’adresse suivante. Agréez, monsieur, mes salutations très hum-bles. Je vous révère et vous embrasse de tout mon cœur.
Renou.
A MILORD HARCOURT.
Le 10 juillet 1767.
Je reçois seulement eu ce moment, milord, la lettre que vousm’avez fait l’honneur de m’écrire le 7 mai, et le billet que vousm’avez envoyé sous la même date. En vous remerciant de l’uneet de l’autre, et en vous réitérant mes très humbles excuses de lapeine que vous avez bien voulu prendre en ma faveur, permettezqu’étant éloigné de vous je prenne la liberté de me recommanderà l’honneur de votre souvenir, de vous assurer que vos bontés nesortiront point de ma mémoire, et de vous renouveler les protes-tations de ma reconnoissance et de mon respect.
Je vous demande la permission, milord, de ne point dater,quant à présent, du Heu de ma retraite, et de ne plus signer un