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Tome huitième.
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sion qui ne soit ni élective ni héréditaire, ou plutôt qui soit à lafois l’une et l’autre, et par laquelle on s'assure, autant qu’il estpossible, de n'avoir ni des Tibère, ni des Néron.

Si jamais j’ai le malheur de m’occuper derechef de cette folleidée, je vous reprocherai toute ma vie de m’avoir ôté de mon râ-telier. J’espère que cela n’arrivera pas ; mais, monsieur, quoiqu’il arrive, ne me parlez plus de votre despotisme légal. Je nesaurais le goûter ni même l’entendre ; et je ne vois là que deuxmots contradictoires, qui, réunis, ne signifient rien pour moi.

Je connois d’autaut moins votre principe de population, qu’ilme parait inexplicable en lui-mème, contradictoire avec les faits,impossible à concilier avec l’origine des nations. Selon vous,monsieur, la population multiplicative n’auroit dû commencer quequand elle a cessé réellement. Dans mes vieilles idées, sitôt qu’ily a eu pour un sou de ce que vous appelez richesse ou valeur dis-ponible, sitôt que s’est fait le premier échange, la populationmultiplicative a dû cesser ; c’est aussi ce qui est arrivé

Votre système économique est admirable. Rien n’est plusprofond, plus vrai, mieux vu, plus utile. Il est plein de grandeset sublimes vérités qui transportent. 11 s’étend à tout : le champest vaste ; mais j’ai peur qu’il n’aboutisse à des pays bien diffé-rents de ceux où vous prétendez aller.

J'ai voulu vous marquer mon obéissance en vous montrant queje vous avois du moins parcouru. Maintenant, illustre ami deshommes et le mien , je me prosterne à vos pieds pour vous con-jurer d’avoir pitié de mon état et de mes malheurs, de laisseren paix ma mourante tète, de n’y plus réveiller des idées pres-que éteintes, et qui ne peuvent renaître que pour m’abimer dansde nouveaux gouffres de maux. Aimez-moi toujours, mais nem’envoyez plus de livres ; n’exigez plus que j’en lise ; ne tentezpas même de m’éclairer si je m'égare : il n’est plus temps. Onne se convertit point sincèrement à mon âge. Je puis me tromper,et vous pouvez me convaincre, mais non pas me persuader.D’ailleurs, je ne dispute jamais ; j’aime mieux céder et me taire :trouvez bon que je m’en tienne à cette résolution. Je vousembrasse de la plus tendre amitié et avec le plus vrai respect.