342 CORRESPONDANCE,
sorts sont bons, il ne s’agit que de les faire jouer un peu diffé-remment.
Mais ce qu’il y a de fâcheux est que cette réforme demande dessacrifices, et précisément de la part des deux corps qui jusqu’iciont paru le moins disposés à en faire, savoir, le conseil-généralet celui des vingt-cinq.
Or voilà que, par plusieurs articles que j T ai sous les yeux, lesvingt-cinq offrent d’eux-mémes presque tout ce qu’on pourraitavoir à leur demander ; même, en un sens, davantage. Ajoutezun seul article, mais indispensable, et le petit conseil a fait, deson côté, tous les pas nécessaires vers un accord raisonnable etsolide : cet article regarde l’élection des syndics, dans la suppo-sition , presque impossible, que le cas qui se présente ici pour lapremière fois, depuis la fondation de la république, y pût renaîtreune seconde fois; auquel cas , au lieu de présenter derechef leconseil en corps, comme on va faire, il faudrait, selon moi, se ré-soudre à présenter de nouveaux candidats, tirés des soixante : jedirai mes raisons ci-après.
Que le conseil-général veuille céder à son tour, ou plutôtéchanger, contre l’élection des soixante qu’il gagne, un droit,un seul droit qu’il prétend, mais qu’on lui conteste, et dont il n’estpoint en possession ; au moyen de cela, tout est fait : je parle dudroit de prononcer souverainement et en dernier ressort sur l’ob-jet des représentations ; en un mot, c’est le droit négatif qu’ils’agit d’accorder au deux-cents, déjà juge suprême de tous lesautres appels. Peut-être est-il parlé, dans le projet, decet article,et cela doit être ; mais l’extrait que j’ai n’en dit rien.
Avec ces additions et quelques légères modifications au reste,le projet dont les articles sont sous mes yeux me paroît offrir unmoyen de pacification convenable à tout le monde, raisonnabledu moins, solide et durable autant qu’on peut l’espérer de l’étatprésent des choses et de la disposition des esprits ; et je crois qu’ilen résulterait un gouvernement qui, sans être plus composé quel’ancien, serait mieux lié dans ses parties, et par conséquent plusfort dans son tout.
C’est surtout dans le second article que consiste essentielle-ment la bonté du projet : par cet article, le conseil des soixanteest en entier élu par le conseil-général, et tous les membres dupetit conseil doivent être tirés du soixante ( car il faut ôter d’iciles auditeurs). L’idée de donner une existence à ce conseil des