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Tome huitième.
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352
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352 CORRESPONDANCE.

tuationde vos affaires, dont je nesavois absolument rien que cequi en étoit dit dans la vôtre ; j’y blâmois fortement le grabeauproposé; j’y proposois le projet du conseil, dont j’avois l’extraitdans votre lettre, comme excellent en lui-même, sauf quelqueschangements et additions, les unes favorables, les autres contrairesaux représentants, selon qu’il m’avoit paru nécessaire pour faireun tout plus solide et bien pondéré. J’avois écrit cette lettre à lahâte, elle étoit très longue : je l’envoyai ouverte à M. Coin*det, le priant de la faire passer à son adresse, et de vous en en-voyer en même temps une copie. Quelques jours après il me mar-qua n’avoir rien fait de tout cela, pareequ’il ne trouvoit pas quecette lettre allât à son but. Il est venu me voir, et je me la suisfait rendre : j’offre de vous l’envoyer quand il vous plaira, afinque vous en puissiez juger vous-même. Comme le moment pres-soit, et quejeprévoyois un peu ce qu’a fait M. Coindet, j’avoisenvoyé en même temps le brouillon de la même lettre en dupli-cata, directement à M. d’Ivernois, dont les amis ne l’ont pas nonplus approuvée, et il m’est arrivé ce qu’il arrive ordinairement àtout homme impartial entre deux partis échauffés, qui cherchesincèrement l’intérêt commun et ne va qu’au bien de la chose :j’ai déplu également des deux côtés. Voyant les esprits si peu dis-posés encore à se rapprocher, et sentant toutefois combien la plusprompte pacification vous est à tous importante etnécessaire,j’aieudepuis une autre idée que j’ai communiquée encore à M. d’Iver-nois ; mais je ne sais s’il aura reçu ma lettre : ce seroit de tâcherdu moins de faire un réglement provisionnel pour vingt ans, aubout desquels on pourroit l’annuler ou le confirmer, selon qu’onl’auroit reconnu bon ou mauvais à l’usage : on doit tout fairepour apaiser ce moment de chaleur, qui peut avoir les suites lesplus funestes. Quand on ne se fera plus un devoir cruel de m’affli-ger, quand je ne serai plus et que les circonstances seront chan-gées, les esprits se rapprocheront naturellement, et chacun sen-tira tôt ou tard que son plus vrai bien n’est que dans le bien de lapatrie.

Vous devez le savoir, monsieur ; si j’en avois été cru, non seu-lement on n’eût point soutenu les représentations, mais on n’eneût point fait ; car naturellement je sentois qu’elles ne pouvoientavoir ni succès ni suite, que tout étoit contre les représentants, ,etqu’ils seroient infailliblement les victimes de leur zèle patriotique.J’étois bien éloigné de prévoir le graud et beau spectacle qu’ils