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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

faire des arrangements pour la mort. Croyez-moi, mon cherhôte, tenez votre ame en état de ne la pas craindre ; du reste,laissez-la venir quand elle voudra, sans lui faire l’honneur detant songer à elle, et soyez sur que vos héritiers sauront bien ar-ranger vos papiers, sans vous tant tourmenter pour leur en épar-gner la peine. .

Je suis bien obligé à M. Panckoucke de vouloir bien songer àmoi dans la distribution de sa traduction de Lucrèce. Je la liraisavec plaisir si je lisois quelque chose ; mais vous auriez pu luidire que je ne lis plus rien. D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi vousvoulez lui indiquer M. Coindet. Son confrère Guy étoit plus à saportée. Vous devez savoir que je n’aime pas extrêmement queM. Coindet se donne tant de peine pour mes affaires; et, si j’enétois le maître, il ne s’en donnerait plus du tout.

Mademoiselle Renou vous remercie de vos bonnes amitiés, etvous fait les siennes ; mettez-nous l’un et l’autre aux pieds de labonne maman. Je compte répondre à madame de Luze dans mapremière lettre : je salue M. Jeannin, et vous embrasse, moncher hôte, de tout mon cœur.

Je vais aujourd’hui dîner à Gisors, où je suis attendu; et jecompte y porter moi-même cette lettre à la poste. Comme il fauttout prévoir, à votre exemple, et que je puis mourir d’apoplexie,au cas que vous n’ayez plus de mes nouvelles par moi-même,adressez-vous à ceux qui seront en possession de ce que je laisseici ; ils vous paieront vos cent louis. Adieu.

A M. d’ivernois.

24 mars 1768.

Enfin je respire ; vous aurez la paix, et vous l’aurez avec ungarant sûr qu’elle sera solide, savoir : l’estime publique et eellede vos magistrats, qui, vous traitant jusqu’ici comme un peupleordinaire, n’ont jamais pris sur ce faux préjugé que de faussesmesures. Ils doivent être enfin guéris de cette erreur, et je nedoute pas que le discours tenu par le procureur-général en deux-cents ne soit sincère. Cela posé, vous devez espérer que l’on netentera de long-temps de vous surprendre, ni de tromper les puis-sances étrangères sur votre compte ; et ces deux moyens man-quant , je n’eu vois plus d’autres pour vous asservir. Mes dignesamis, vous avez pris les seuls moyens contre lesquels la forcemême perd son effet, l’union, la sagesse et le courage. Quoi que