ANNI2E 1768. 367
hors, j’aurois un fier soupçon que le mal est plus à l'autre extré-mité du nerf optique qu’à celle qui tapisse le fond de l’œil. Jevous dirois, Consultez sur -vos yeux quelqu’un qui s’y connoisse,si ce n’étoit tous exposer à donner votre confiance à gens qui ontintérêt à vous tromper. Tâchez de voir, mon bon ami; c’est toutce que je puis vous dire. Vous voilà, ou je me trompe fort, dansle cas où la foi guérit, dans le cas où il faut dire au boiteux :Charge ton 'petit lit , et marche.
Toutes les explications dans lesquelles vous entrez sur nos af-faires sont admirables assurément; mais elles n’empêchent pas,ce me semble, qu’ayant nettement refusé de vous rembourser devos cent louis sur l’argent qui vous a été remis par milord maré-chal, il ne s’ensuive avec la dernière évidence qu’il faut, ou queje tire de ma poche ces cent louis pour vous les vendre, ou que jetous en reste débiteur. Or je ne veux point vous rester débiteur,et il ne seroit pas honnête à vous de vouloir m’y contraindre. Sidonc vous persistez à ne pas vouloir vous rembourser des centlouis sur l’argent qui vous a été remis pour moi, il faut bien denécessité que vous les receviez de moi.
Vous me dites à cela que vous ne pouvez rien changer à la des-tination de la somme qui vous a été remise, sans le gré du con-stituant. Fort bien ; mais si, comme il pourroit très bien arriver,le constituant ne vous répond rien, que ferez-vous? Refuserez-vous de vous rembourser de ces cent louis, parceque je ne veuxpas recevoir les deux cents autres? Vous m’avouerez qu’un pa-reil refus seroit un peu bizarre, et qu’il est difficile de voir pour-quoi vous serez plus embarrassé de deux cents louis que de troiseents. Vous me pressez de vous répondre catégoriquement si jeveux recevoir la rente viagère, oui ou non. ,Te vous réponds àcela que si vous refusez de vous rembourser sur le capital, je larecevrai jusqu’à la concurrence du paiement des cent louis queje vous dois ; que si vous exigez pour cela que je m’engage à larecevoir encore dans la suite, c’est, ce me semble, usurper undroit que vous n’avez point. Je la recevrai, mon cher hôte, jus-qu’à ce que vous soyez payé ; après cela, je verrai ce que j’auraià faire ; enfin, si vous persistez à vouloir des conditions pour l’a-venir, je persiste à n’en vouloir point faire, et vous n’avez qu’àtout garder. Bien entendu qu’aussitôt que la somme qui vous aété remise pour moi par milord maréchal lui serq. restituée, ilfaudrabien qu’à votre tour vous receviez la restitution des cent louis.