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Tome huitième.
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372
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372 CORRESPONDANCE,

m'en ôte pas la jouissance, je défie les hommes de me rendre mal-heureux désormais. Je suis obligé à M. d’Escherny de son souve-nir, et je suis fort aise d’apprendre de ses nouvelles. Comme jene me suis jamais tenu pour brouillé avec lui, nous n’avons pasbesoin de raccommodement. Du reste, je serai toujours fort aisede recevoir de lui quelque signe de vie, surtout quand vous serezson médiateur pour cela.

A M. LE PRINCE DE CONTI.

Trye-le-Château, juin (768.

Monseigneur,

Ceux qui composent votre maison (je n’en excepte personne)sont peu faits pour me connoitre ; soit qu’ils me prennent pourun espion, soit qu’ils me croient honnête homme, tous doiventégalement craindre mes regards. Aussi, monseigneur, ils n’ontrien épargné, et ils n’épargneront rien, chacun par les ma-nœuvres qui leur conviennent, pour me rendre haïssable etméprisable à tous les yeux, et pour me forcer de sortir enfinde votre château. Monseigneur, en cela je dois et je veuxleur complaire. Les grâces dont m’a comblé votre altesse séré-nissime suffisent pour me consoler de tous les malheurs qui m’at-tendent en sortant de cet asile, où la gloire et l’opprobre ont par-tagé mon séjour. Ma vie et mon cœur sont à vous, mais monhonneur est à moi ; permettez que j’obéisse à sa voix qui crie,et que je sorte dès demain de chez vous : j’ose dire que vous ledevez. Ne laissez pas un coquin de mon espèce parmi ces hon-nêtes gens.

A M. DU PEYROU.

Lyon, le 20 juin (768.

Je ne me pardonnerais pas, mon cher hôte, de vous laisserignorer mes marches, ou les apprendre par d'autres avant moi. Jesuis à Lyon depuis deux jours, rendu des fatigues de la diligence,ayant grand besoin d’un peu de repos, et très empressé d’y re-cevoir de vos nouvelles, d’autant plus que le trouble qui règnedans le pays où vous vivez me tient en peine, et pour vous, etpour nombre d’honnêtes gens auxquels je prends intérêt. J’at-tends de vos nouvelles avec l’impatience de l'amitié. Donnez-m’en, je vous prie, le plus tôt que vous pourrez.

Le désir de faire diversion à tant d’attristants souvenirs, qui à