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Tome huitième.
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année 1768. 407

subjugué, l’autre ne l’est pas; et je ratifie d’avance tout ce quevous résoudrez avec elle, comme fait pour mon plus grand bien.

A l’égard du titre dont vous me parlez, je tiendrai toujours à trèsgrand honneur d’appartenir à S. A. S., et il ne tiendra pas à moide le mériter; mais ce sont de ces choses qui s’acceptent, et quine se demandent pas. Je ne suis pas encore à la fin de mon ba-vardage, mais je suis à la fin de mon papier ; j’ai pourtant encoreà vous dire que l’aventure de Thevenin a produit sur moi l’effetque vous desiriez. Je me trouve moi-mème fort ridicule d’avoirpris à cœur une pareille affaire, ce que je n’aurois pourtant’pasfait, je vous jure, si je n’eusse été sur que c’étoit un drôle aposté.Je desirois, non par vengeance assurément, mais pour ma sûreté,qu’on dévoilât ses instigateurs : on ne l’a pas voulu, soit; il enviendroit mille autres que je ne daignerois pas même répondre àceux qui m’cn pnrleroient. Bonjour, monsieur ; je vous embrassede tout mon cœur.

P. S. J’oubliois de vous dire que mon chamoiseur est bien lecordonuier deM. de Tanley ; il apprit le métier de chamoiseur àYverduu après sa retraite. J’ai fait faire en Suisse des informa-tions , avec la déposition juridique et légalisée du cabaretierJanin.

A M. DU DEïnOU.

liouigoin, le 30 octobre 176».

Voici, j’espère, la dernière fois que j’aurai à vous parler dusieur Thevenin, dont je n’entends plus parler moi-même. Aprèsles preuves péremptoires que j’ai données à M. de Tonnerre dela fourberie de cet imposteur, il eu a bien fallu convenir à la fin,et il m’a offert de le punir par quelques jours de {frison, commesi le but de tous les soins que j’ai pris et que j’ai donnes à ce su-jet étoit le châtiment de ce misérable. Vous croyez bien que jen’ai pas accepté. L’imposteur étant convaincu, rien n’étoit plusaisé que de le faire parler, et de remonter peut-être à la source dece complot profondément ténébreux dont je suis la victime depuisplusieurs années, et dont je dois l’être jusqu’à ma mort. Je mele tiens pour dit ; et prenant enfin mon parti sur les manœuvresdes hommes, je les laisserai désormais ourdir et tramer leurs ini-quités, certain, quoi qu’ils puissent faire, que le temps et la véritéseront plus forts qu’eux. Ce qu’il me reste de toute cette affaireest un tendre souvenir des soins que mes amis ont bien voulu se