COBKHSPONDANCE.
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une que je n’ai pu trouver encore, et que je convoite beaucoup;c’est la grande gentiane pourprée, la seconde en rang du Speciesde Linnæus. J’ai le tozzia alpina, Linn. ; mais il y manque laraeine, qui est la partie la plus curieuse de cette plante, d’ailleursdifficile à sécher et conserver. J’ai Vuva ursi en fruits, mais je nel’ai pas en fleurs. J’ai Yazalca procumbens ; mais il me manqued’autres beaux chamœrhododendros des Alpes. Je n’ai qu’un mi-sérable petit androsace. Je n’ai pas le corlusa Matlhioli, etc. Laliste de ce que j’ai seroit longue, celle de ce qui me manque pluslongue encore; mais si vous vouliez m’envoyer celle de ce quevous enverra Gagnebin, j’y pourrais noter ce qui me manque,afin que le reste, étant superflu dans mon herbier, put demeurerdans le vôtre. Je me suis ruiné en livres de botanique, et j’avoisbien résolu de n’en plus acheter ; cependant je sens que m’affec-tionnant aux plantes des Alpes, je ne puis me passer de celui deHaller. Vous m’obligerez de vouloir bien me marquer exac-tement son titre, son prix, et le lieu où vous l’avez trouvé; car laFrance est si barbare encore en botanique, qu’on n’y trouvepresque aucun livre de cette science ; et j’ai été obligé de fairevenir à grands frais de Hollande et d’Angleterre le peu que j’en ai ;encore ai-je cherché partout ceux de Clusius sans pouvoir lestrouver.
Voilà bien du bavardage sur la botanique, dont je vois, avecgrand regret, que vous avez tout-à-fait perdu le goût. Cependant,puisque vous avez un peu fêté mon apocyn, j’ai grande envie devous envoyer quelques graines de l’arbre de soie et de la pommede cannelle, qu’on m’a dernièrement apportées des lies. Quandvous commencerez à meubler votre jardin, je suis jaloux d’y con-tribuer. Bonjour, mon cher hôte ; nous vous embrassons et voussaluons l’un et l’autre de tout notre cœur.
A M. I. ALI AUD.
Bourgoin, le 19 décembre 1768.
Pauvre garçon ! pauvre Sauttersheim ! Trop occupé de moi du-rant ma détresse, je l’avois un peu perdu de vue ; mais il n’étoitpoint sorti de mon cœur, et j’y avois nourri le désir secret de merapprocher de lui, si jamais je trouvois quelque intervalle de re-pos entre les malheurs et la mort. C’étoit l’homme qu’il me falloitpour me fermer les yeux ; son caractère étoit doux, sa société