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Tome huitième.
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430 CORRESPONDANCE,

les sont inépuisables comme la générosité île son cœur. Ah! pour-quoi faut-il que tant d’intermédiaires qui nous séparent détour-nent et anéantissent tout l’effet de ses soins? J’apprends que soutrésorier, qui m’a fait chasser du château de Trye à force d’intri-gues , est en liaison avec l'agent du prince à celui de Lavaguac,et qu’il a déjà été question de moi entre eux deux. Il ne m’en fautpas davantage pour juger d’avance du sort qu’on m’y prépare ;mais n'importe, me voilà prêt, et il n’y a rien que je n’endureplutôt que de mériter la disgrâce du prince en me rétractant surce que j’ai demandé moi-môme, et en laissant inutiles , par mafaute, les démarches qu’il veut bien faire en ma faveur. De tousles malheurs dont on a résolu de m’accabler jusqu’à ma dernièreheure, il y en a lin du moins dont je saurai me garantir, quoi qu’onfasse : c’est celui de perdre sa bienveillance et sa protection parma faute.

Vous avez la bouté , monsieur, de me chercher une épinette.Voilà un soin dont je vous suis très obligé, mais dont le succèsm’embarrasseroit beaucoup ; car avant d’avoir ladite épinette, ilfaudrait premièrement me pourvoir d’un lieu pour la placer, et...d’une pierre pour y poser ma tète. Mon herbier et mes livres debotanique me coûtent déjà beaucoup de peine et d’argent à trans-porter de gite en gite, et de cabaret en cabaret. Si nous ajoutionsde surcroît une épinette, il faudrait donc y attacher des courroies,afin que je pusse la porter sur mon dos, comme les Savoyardesportent leurs vielles : tout cet attirail me ferait un équipage assezdigne du Roman comique , mais aussi peu risible qu’utile pourmoi. Dans les douces rêveries dont je suis encore assez fou pourme bercer quelquefois, j’ai pu faire entrer le désir d’une épinette ;mais nous serons assez à temps de songer à cet article quand tousles autres seront réalisés ; et il me semble que de tous les servicesque vous pourriez me rendre, celui de me pourvoir d’une épinettedoit être laissé pour le dernier. Il est vrai que vous me voyez déjàtranquille au château de Lavaguac. Ah ! mon cher monsieur La-liaud, cela me prouve que vous avez la vue plus longue que moi-Bonjour, monsieur ; nous vous saluons tous deux de tout notrecœur. Je vous donne l’exemple de finir sans compliments ; von?ferez bien de Je suivre.