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Tome huitième.
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correspondance.

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existence seroit encore pour l’homme un encouragement à lavertu, et une consolation dans ses misères, dont manque celuiqui, se croyant isolé dans cet univers, ne sent au fond de soncœur aucun conlident de ses pensées. C’est toujours une douceurdans l’adversité d’avoir un témoin qu'on ne l'a pas méritée ; c’estun orgueil vraiment digne de la vertu de pouvoir dire à Dieu : Toiqui lis dans mon cœur, tu vois que j’use en ame forte et en hommejuste de la liberté que tu m’as donnée. Le vrai croyant, qui se sentpartout sous l’œil éternel, aime à s’honorer à la face du ciel d’a-voir rempli ses devoirs sur la terre.

Vous voyez que je ne vous ai point disputé ce simulacre quevous m’avez présenté pour unique objet des vertus du sage. Mais,mon cher monsieur, revenez maintenant à vous, et voyez com-bien cet objet est iualliable, incompatible avec vos principes. Com-ment ne sentez-vous pas que cette même loi de la nécessité quiseule règle, selon vous, la marche du monde et tous les événe-ments, règle aussi toutes les actions des hommes, toutes lespensées de leurs tètes, tous les sentiments de leurs cœurs ; querien n’est libre, que tout est forcé, nécessaire, inévitable; que tousles mouvements de l’homme, dirigés par lu matière aveugle, nedépendent de sa volonté que parceque sa volonté même dépendde la nécessité; qu’il n’y a par conséquent ni vertus ni vices, nimérite ni démérite, ni moralité dans les actions humaines; etque ces mots d’honnête homme ou de scélérat doivent être pourvous totalement vides de sens? Ils ne le sont pas toutefois, j’ensuis très sur ; votre honuète cœur, en dépit de vos arguments, ré-clame contre votre triste philosophie ; le sentiment de la liberté,le charme de la vertu, se fout sentir à vous malgré vous. Et voilàcomment de toutes parts cette forte et salutaire voix du sentimentintérieur rappelle au sein de la vérité et de la vertu tout hommeque sa raison mal conduite égare. Bénissez, monsieur, cette sainteet bienfaisante voix qui vous ramène aux devoirs de l’homme,que la philosophie à la mode iiniroit par vous faire oublier. Nevous livrez à vos arguments que quand vous les sentez d’accordavec le dictamen de votre conscience; et, toutes les fois que vousy sentirez de la contradiction, soyez sur que ce sont eux qui voustrompent.

Quoique je ne veuille pas ergoter avec vous, ni suivre pied àpied vos deux lettres, je ne puis cependant me refuser un mot à diresur le parallèle du sage hébreu et du sage grec. Comme admira-