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Tome huitième.
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464 C0BBESE0NDANCE,

ceux qui vous entourent sont dans vos secrets excepté moi,et votre seul véritable ami est le seul exclu de votre confidence.Je ne vous parle point de beaucoup d’autres choses. Il faut pren-dre nos amis avec leurs défauts, et je dois vous passer les vôtrescomme vous me passez les miens. Si vous étiez heureuse avec moi*je serois content ; mais je vois clairement que vous ne l’êtes pas,et voilà ce qui me déchire. Si je pouvois faire mieux pour y con-tribuer, je le ferois et je me tairois ; mais cela n’est pas possible. Jen’ai rien omis de ce que j’ai cru pouvoir contribuer à votre félicité ;je ne saurais faire davantage, quelque ardent désir que j’en aie.En nous unissant, j’ai fait mes conditions; vous y avez consenti,je les ai remplies. II n’y avoit qu’un tendre attachèment de votrepart qui pût m’engager à les passer, et à n’écouter que notreamour, au péril de ma vie et de ma santé. Convenez, ma chèreamie, que vous éloigner de moi n’est pas le moyen de me rappro-cher de vous ; c’étoit pourtant mon intention, je vous le jure ;mais votre refroidissement m’a retenu, et des agaceries ne suffi-sent pas pour m'attirer lorsque le cœur me repousse. En ce mo-ment même où je vous écris, navré de détresse et d’affliction, jen’ai pas de désir plus vif et plus vrai que celui de finir mes joursavec vous dans l’union la plus parfaite, et de n’avoir plus qu’unlit lorsque nous n’aurons plus qu’une ame.

Rien ne plaît, rien n’agrée de la part de quelqu’un qu’on n’aimepas. Voilà pourquoi, de quelque façon que je m’y prenne, tousmes soin», tous mes efforts auprès de vous sont insuffisants. Lecœur, ma chère amie, ne se commande pas, et ce mal est sans re-mède. Cependant, quelque passion que j’aie de vous voir heu-reuse à quelque prix que ce soit, je n’aurois jamais songé à m’é-loigner de vous pour cela, si vous n’eussiez été la première àm’en faire la proposition. Je sais bien qu’il ne faut pas donnertrop de poids à ce qui se dit dans la chaleur d’une querelle ; maisvous êtes revenue trop souvent sur cette idée pour qu'elle n’ait pasfait sur vous quelque impression. Vous connoissez mon sort; ilest tel, qu’on n’oseroit pas même le décrire, parcequ’ou n’y sau-rait ajouter foi. Je n’avois, chère amie, qu’une seule consolation,mais bien douce : c’étoit d’épancher mon cœur dans le tien ; quandj’avois parlé de mes peines avec toi, elles étoient soulagées; etquand tu m’avois plaint, je ne me trouvois plus à plaindre. Il estsûr que, ne trouvant plus que des cœurs fermés ou faux, toutema ressource, toute ma confiance est en toi seule ; le mien ne