Band 
Tome huitième.
Seite
471
JPEG-Download
 

ANNÉE 1769. 471

vous ennuie avec mon pédant étalage ; mais si votre Henrietteprenoit du goût pour les-plantes, comme mon foin se transforme-roit bien vite en fleurs ! Ilfaudroit bien alors, malgré vous et vosdents, que vous devinssiez botaniste.

A M. L. C. D. L.

Monc|uin, le 10 octobre 1709.

Me voici, monsieur, en vous répondant, dans une situation bienbizarre, sachant bien à qui, mais non pas à quoi : non que toutce que vous écrivez ne mérite bien qu’on s’en souvienne, mais par-cequeje ne me souviens plus de rien, .l’avois mis à part votre let-tre pour y répondre, et, après avoir vingt fois renversé ma cham-bre et tous les fatras qui la remplisent, je n’ai pu parveniv àretrouver cette lettre : toutefois je n’en veux pas avoir le démenti,ni que mon étourderie me prive du plaisir de vous écrire. Ce nesera pas, si vous voulez, une réponse ; ce sera un bavardage derencontre, pour avoir, aux dépens de votre patience, l'avantagede causer un moment avec vous.

Vous me parliez, monsieur, du nouveau-né, dont je vous faismes bien cordiales félicitations : voilà vos pertes réparées ; quevous êtes heureux de voir les plaisirs paternels se multiplier au-tour de vous ! Je vous le dis, et bien du fond de mon cœur, qui-conque a le bonheur de pouvoir remplir des soins si chers trouvechez lui des plaisirs plus vrais que tous ceux du monde, et lesplus douces consolations dans l’adversité. Heureux qui peut éle-ver ses enfants sous ses yeux ! Je plains un père de famille obligéd’aller chercher au loin la fortune ; car pour le vrai bonheur dela vie, il en a la souvee auprès de lui.

Vous me parliez du logement auquel vous aviez eu la bonté desonger pour moi. Vous avez bien, monsieur, tout ce qu’il faut pourne pas me laisser renoncer sans regret à l’espoir d’etre votre voisin :et pourquoi y renoncer? qu’est-ce qui empècheroit que, dans unesaison plus douce, je n’allasse vous voir, et voir avec ^us leshabitations qui pourroientme convenir? S’il s’en trouvoit une as-sez voisine de la vôtre pour me procurer l’agrément de votre so-ciété , il y auroit là de quoi racheter bien des inconvénients, et,pourvu que je trouvasse à peu près le plus nécessaire, de quoi meconsoler de n’avoir pas ce qui le seroit moins.

Vous me parliez de littérature ; et précisément cet article , le