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Tome huitième.
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5il0 CORRESPONDANCE,

chargé de cette contrefaction, il aura été plus facile à trouver àDiderot qu’à tout autre, parceque, étant chargé de la partie desarts dans l’ Encyclopédie, il avoit de grandes relations avec lesartistes dans tous les genres. Au reste, quand la puissance s’enmêle, beaucoup de difficultés s’aplanissent; et quand il s’agiroit,par exemple, de décider si une écriture est ou n’est pas contre-faite , je ne crois pas qu’on eût beaucoup de peine à trouver desexperts prêts à être de l’avis qu’il plairoit à M. de Choiseul.

Si ce n’est pas cela , ou de faux témoins, je n’imagine rien. Jepencherois même un peu pour cette dernière opinion , parcequeassurément le bénin Thevenin, quoi qu’on en dise, ne fut pasaposté pour rien ; et je ne puis imaginer d’autre objet à la fable dece manant, et à l’adroite façon dont ceux qui l’avoient aposté l’ontaccréditée ('), que de vouloir tâter d’avance comme je soutiendraisla confrontation d’un faux témoin.

Les hoibachiens, qui croyoient m’avoir déjà coulé à fond, fu-rieux de me voir bien au château de Montmorency et chez M. leprince de Conti, firent jouer leurs machines par d’Alembert ; et,profitant des piques secrètes dont j’ai parlé, firent passer, par leTemple , leur complot à l’hôtel de Luxembourg. 11 est aisé d’i-maginer comment M. de Choiseul s’associa pour cette affaire par-ticulière avec la ligue, et s’en fit le chef ; ce qui rendit dès-lors lesuccès immanquable, au moyen des manœuvres souterraines dontGrimm avoit probablement fourni le plan. Ce complot a pu setramer de toute autre manière; mais voilà celle où les indices,dans ce que j’ai vu, se rapportent le mieux. 11 falloit, avant derien tenter du côté du public, m’éloigner au préalable, sans quoile complot risquoit à chaque instant d’être découvert, et son au-teur confondu. VEmile en fo urnit les moyens, et l’on disposa toutpour m’effrayer par un décret comminatoire, auquel on n’eu vouloitcependant venir que quand j’aurois pris le parti de fuir. Maisvoyant que, malgré tout le fracas dont on accompagnoit la menacede ce décret, je restois tranquille et ne voulois pas démarrer, ons’avisa d’un expédient tout puissant sur mon cœur. Madame deBoufflers , avec une grande éloquence, me fit voir l’alternative

( 4 ) Enfin, tant ont opéré les gens qui disposent de moi, qn’il reste clair comme lejour, à Grenoble et ailleurs, que le galérien Thevenin m'a prêté neuf francs aux X er-riéres, tandis que j'étois à Montmorency ; qu'il me les a prêtés par les mains du caba-retier Jcannet, notre commun hôte, chez qui je n’ai jamais logé, et à qui je ne parlaide ma vie; et que je lui donnai, en reconnoissance, des lettres de recommandationpour MSI, de Faugnes et Aldiman, que je ne connoissoispas.