DE M AN IL I US, LlV. V. IÍ3
couché tranquillement sur le dos ou fur le côté, il nepèse point sur seau , il n’entonce point, c’est unlit sur lequel il repose ; on le prendroit pour une na-celle qui n’a pas besoin de rameurs. Celui-là íe plaît àchercher la mer dans la mer même, a plonger au fondde seau, à visiter ÎSérée & les nymphes de la merdans leurs grottes profondes : il en rapporte les dé-pouilles de la mer, les richeflês que les naufrages yont déposées ; il fouille avec avidité jusqu’au fond deses gouffres. C’est de part & d’autre la même inclina-tion , mais appliquée différemment ; quoique partagéeentre deux effets, on voit quelle part dune feule &mcme cause. A ces arts on en peut ajouter d’autresqui leur font analogues : tels font ceux de ces volti-geurs, qui placés fur une balançoire (a), selcvent &retombent alternativement, & font en retombant monterceux contre lesquels ils fe balancent. Tels font auslìceux de ces gladiateurs qui traversent des flammes oudes cerceaux enflammés, retombent à terre aussi dou-cement qu’ils retomberoient dans seau, & qui par laflexibilité de leurs mouvemens imitant l’agilité du dau-phin , volent fans ailes 8e fe jouent dans les airs. S’ilsne Rappliquent pas à ces exercices, ils y auront dumoins la plus grande aptitude ; la nature leur auradonné toute la force nécessaire, une grande souplessedans les membres, une extrême légèreté à la course.
(a) Ces sortes de balançoires étoient faites comme nosroues de fortunes , mais fans sièges : deux personnes feuless’y soutenoient en des points diamétralement opposés.
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