* PRÉFACE.
sa réponse de l’exagération en faveur de l'astrono-mie, on y voit au moins l’entliousiasme avec lequelun homme de génie contçmploit le spectacle du ciel.Platon faisoit aussi le plus grand cas de l’astronomie ;voyez ce qu’il en dit dans son XXXV e Livre intituléEpinortiis ou Philosophas , que Marcile-Ficin appelle3e Trésor de Platon : Nolite ignorare astronomianisapientissimum quiddam esse, etc. Il va jusqu’à dire,dans un autre endroit, que les yeux ont été donnésà l’homme à cause de l’astronomie. C’étoit peut-êtrel’idée d’Ovide lorsqu’il disoit ::
Finxit in effigiem moderantnm en ne ta deorum-;.
Pronaque cùm spectent animalia cætera terrain,
Os homini sublime dédit, cœlnmque tueri
Jussit, et erectos ad sidéra tollere vultus. Or. Met. /, 8&
Pythagore disoit que les hommes ne devroient avoirque deux études, celle de la nature pour éclairer l’es-prit , celle de la vertu pour régler le cœur. On regardeavec raison l’étude de la morale comme la plus néces-saire et la plus digne de l’homme-: The proper study {of mankind is man, dit Pope : mais on se tromperoit encroyant qu’on peut être véritablement philosophe sansl’étude des sciences naturelles. Pour être sage non pr t;foiblesse, mais par principes , il faut savoir réfléchir 1 1penser fortement; il faut, à force d’étude , s’être af-franchi des préjugés qui trompent le jugement, quis’opposent au développement de la raison et de l’es-prit. Pythagore ne vouloit point de disciple qui n’eûtétudié les mathématiques ; on lisoit sur sa porte :Oùdèiç ttyrcjMfrçTvroç ûovro: Que personne n’entre sans êtregéomètre. La morale seroit peu sûre et peu attrayantepour nous si elle devoit être fondée sur l’ignoranceou sur Terreur*