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xi) PRÉFACE.
tcau, et lui en couvrant les yeux il lui dit : Crois- tuque ce que je fais là soit un signe de malheur? Nonsans doute , dit le pilote. Cependant, reprit Périclès,c’est aussi une éclipse pour toi ; et elle ne différé decelle que tu as vue , qu’en ce que la Lune étant plusgrande que mon manteau, elle cache le Soleil à unplus grand nombre de personnes.
Agathocles , roi de Syracuse, dans une guerre en'Afrique, voit aussi dans un jour décisif la terreur serépandre dans son armée à la vue d’une éclipse : ilse présente à ses soldats, il leur explique les causes,et il dissipe leurs craintes (Diod., L. XX, n° 5 ; Justin,L. XXII, n° 4 et 6 ). On raconte des traits pareils àl’occasion de Sulpicius, et de Dion roi de Sicile. Lycur-gue , ce fameux législateur de Sparte , se servoit desastres, au rapport de Lucien (T. II, page 071), pourl’administration de sa république , mais sans doutecomme Numa se servoit de la nymphe Egérie. Aureste nous verrons bientôt d’autres exemples du savoiret des connoissanccs astronomiques des plus grandsprinces.
Nous lisons un fait également honorable à Fastro»nomie dans l’épître que Royas adresse à Charles-Quint en lui dédiant ses commentaires sur le pla-nisphère. Christophe Colomb , en commandant l’ar-mée que Ferdinand, roi d’Espagne, avoit envoyée kla Jamaïque dans les premiers temps de la découvertede cette isle, se trouva dans une disette de vivres si géné-rale, qu’il ne lui restoit aucune espérance de sauver sonarmée et qu'il allait être à la discrétion des sauvages.L’approche d’une éclipse de Lune fournit à cet habilohomme un moyen de sortir d’embarras : il fit dire auxchefs des sauvages que si dans quelques heures on nelui envoyoit pas toutes les choses qu’il demandoit, ilailoit les livrer aux derniers malheurs ? et qu’il corn-