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menccroit par priver la Lune de sa lumière. Les sau-vages méprisèrent d’abord ses menaces; mais aussi-tôt qu’ils virent que la Lune commençoit en effet àdisparoître, ils lurent frappés de terreur; ils appor-tèrent tout ce qu’ils avoient aux pieds du général, etvinrent eux-mêmes demander grâce.
J’ai lait observer en parlant de l’astrologie( io 65 ) f °,combien on devoit s’applaudir d’avoir perfectionnél’astronomie jusqu’à affranchir les hommes de cettemisérable imbécillité dont ils furent si long temps lesvictimes. En 1686, les astronomes de toute TEurope ,chrétiens, juifs, ou arabes, s’étoient réunis pour an-noncer une conjonction de toutes les planètes, qui de-voit être accompagnée de si terribles ravages, qu’il yavoità craindre un bouleversement universel: 011 s’at-tendoità voir la fin dumonde. Celteannéese passanéan-moins comme les autres. Mais cent autres mensongesaussi avérés n’auroient pas suffi pour détacher deshommes ignorans et crédules du préjugé de leur en-lance. Il a fallu qu’un esprit de philosophie et do recher-che se répandit parmi les hommes, leur développâtl’étendue et les bornes de la nature, et les accoutumâtà ne plus s’effrayer sans examen et sans preuve.
On voit encore de temps en temps la crédulité dupublic accréditer les rêveries de l’ignorance, (f est ainsique le vent furieux et la chaleur extraordinaire du 20octobre 1706 firent publier dans les gazettes que leSoleil avoit rétrogradé : et il iallut que les savans pris-sent la peine de détromper le public ( Jour, de Tré-voux , avril 1737, p. 892; T jet Ire Philosophiipie pourrassurer V univers , etc. à Paris, chez Prault 1706). Toutle monde, à lafin de 1768 , croyoil Saturne perdu, et onle publioit dans les écrits périodiques les plus, sensés
(a) Ces chiffres entre deux parenthèses renvoient aux articles de colivre.