6 ASTRONOMIE, LIV, I.
l’équateur, ainsi placé à égale distance des deux pôles, fait qu’onpeut dire en général et indifféremment, que la sphere, avec sonéquateur EQ, tourne autour de l’axe PR, ou autour des pôles Pet R de l’équateur. La figure 6 représente aussi l’équateurE FQGEvu en perspective, et situé entre les pôles P et R.
16. C’est le mouvement diurne autour de l’axe du monde qui estexprimé dans les vers suivants de Manilius w .
Aëra per gelidum tenuis deducitur axis ,
Libratumque gerit diverso cardine mundum ;
Sidereus medium circa quein volvitur orbis ,
AEternosque rotat cursus. L. I.v.
Le pôle boréal, ou le pôle arctique , voisin de la grande et de lapetite ourse, est désigné par Lucain :
Non mergitur undis
Axis inocciduus geminâ clarissimus Arcto. Lucanus VIII. iy 5 .
Et Virgile, dans sa description des zones , désigne la différence despôles, dont l’un est élevé du côté du nord , l’autre abaissé au midi ;
Hic vetfex nobis semper sublimis ; at ilium
Sub pedibus Styx atra videt, manesque profundi. Georg. I. 242.
17. De même qu’on a appellé les points P et R pôles de l’équateur,pareeque l’équateur est à égales distances de l’un et de l’autre; onappelle en général pôles d’un cercle les deux points de la spherequi sont les plus éloignés de ce cercle, ou ceux qui sont situés surune ligne perpendiculaire au plan du même cercle, et qui passe parson centre. Ainsi le zénit et le nadir sont les pôles de l’horizon. Ilen est de même de tout autre cercle : ses pôles en sont toujourséloignés de 90° en tout sens, et situés perpendiculairement au-dessuset au-dessous de son plan.
18. La ligne qui passe par les deux pôles d’un cercle, s'appelleaussi en général Taxé de ce cercle : par exemple , la ligne verticale
(a) Le poëme de Manilius renfermeune ample description des cercles de lasphere , des signes du zodiaque , desvertus qu’on leur attribuoit, et des sai-sons. Ce poëme paraît avoir été fait sousle régné d’Auguste : les éditions les pluscomplétés sont celle de Scaliger, cellequi lait partie de la collection des Dau-phins , ad muta Delphini ; celle de
Bentley , Londres, 1739. M. Pingré ena donné une traduction françoise en1786. Ceux qui aimeront ce genre depoésie, peuvent lire aussi les poëmes deBuchanan , de Boscovich, de Stay. Cesdeux derniers contiennent, en très beauxvers , tout ce qu’il y a de plus curieuxdans l’astronomie et la physique cé-leste.