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Tome premier.
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84 ASTRONOMIE, LIV. II.

244. Ptolémée dans son Almageste, le plus ancien ouvrage d’as-tronomie que nous ayons, emploie trois éclipses de lune, dont la pre-mière a voit été observée à Babylone 720 ans avant notre ere. Il paroi tdonc que c’est vers cette date qu’il huit placer les plus anciennesobservations qui eussent mérité d’être conservées : tout ce qui avoitprécédé , n’étoit qu’un commencement grossier de connoissancesastronomiques; il se réduisoit à l’observation du zodiaque, des tempsdu lever et du coucher héliaque des constellations , et du retour desphases de la lune; il n’y a point d’apparence que la période de 18ans 1 o jours, qui ramene à peu-près les éclipses dans le même ordre,ait été connue de ces premiers Caldéens , quoiqu’on l’ait appelléepériode cahlaïque ( 15o 1 ).

240. Parmi les Caldéens Jupiter Bélus passoit pour avoir été leprincipal inventeur de l’astronomie, en même temps qu’il avoit étéle fondateur de Babylone (Pline,VI.26). L’époque de Bélus est placéeà l’an 1820 avant notre ere. Il y a aussi des auteurs qui ont attribuéles commencemens de l’astronomie à Zoroastre; mais M. Anquetil,qui a tait de savans mémoires sur Zoroastre, pense que ce nom étoitun nom appellalif, qui vient dn nom-d’un des quatre astres, auxquelsOrmus avoit confié la garde du ciel, suivant les Perses ( MJ/n. deVAc. des laser, t. XXXI, pag. 387). Ainsi il y a eu plusieurs Zo-roastre. On peut voir aussi le dictionnaire de Bayle , au motZoroastre.

24 6. Le temple de Jupiter Bélus, que Sémiramis avoit fait bâtir àBabylone, renfermoit une tour immense, qui, suivant Hérodote (liv.I. n. 181), avoit un stade de hauteur (environ 100 toises) et autantde largeur , bâtie avec des briques et de l’asphalte , au-dessus delaquelle il y avoit encore sept grandes tours les unes sur les autres ;elles subsistaient même du temps d’Hérodote, 44° ans avant notreere. Diodore de Sicile dit qu’on convient que ce temple étoit d’unehauteur excessive, et que les Caldéens y avoienf parfaitement observéles levers et les couchers des astres (liv. II. t. 1 , pag. 233).

11 est donc vrai que plus de 800 ans avant 1 ere chrétienne, lesBabyloniens examinoient attentivement les mouvemens célestes :voyons maintenant à quoi ils étoient parvenus. J’ai dit que leur astro-nomie se réduisoit presque à l’invention du zodiaque, et à la divisiondu ciel en constellations ; on a vu dans le premier livre (60 et suiv.)la maniéré dont ils durent s’y prendre naturellement pour connoitrela trace du soleil : voici maintenant ce qu’en disent les historiens.

247. On trouve dans Sextus Empirions, auteur du second siecle(Contra Mathematicos } 1. Y. art. 24, pag. 34-2, édit, de 1718), la