astronomie caldéenne. 85
maniéré dont on racontoit que les premiers Caldéens avoient diviséle zodiaque. On remarqua une des étoiles les plus brillantes du zodia-que, et remplissant d’eau un grand vase percé d’une petite ouver-ture, du moment où l’étoile se levoit, on laissoit couler l’eau dansun autre vase jusqu’au lendemain au lever de la même étoile ; parta-geant ensuite cette eau en i 2 portions égales , 011 remarqua le tempsqu'il falloit à chacune pour s'écouler, et l’on observa les étoiles quise levoient à chaque douzième. C’est ainsi qu’on marqua les 12signes ou les 12 portions du zodiaque. Macrobe, auteur de la lin duquatrième siècle, en parle à peu-près de même (Somn. Scip. c. 21),et il attribue celte méthode aux Egyptiens, quos constat primos om-nium cœlum scrutari et metiri ausos. Cette méthode est aussi rap-portée par Theon dans le V livre de son commentaire grec surPtolemee.
2/|o. Ces premiers observateurs supposoient deux choses qui n’é-toient pas fort exactes : premièrement, que l’eau s’écouloit égalementet uniformément de leur vase; secondement, que chaque signe ouchaque douzième du zodiaque employoit également deux heures àse lever, ou la douzième partie d’une journée entière. Tout cela 11’estpoint vrai : mais, malgré ces suppositions, ils purent reconnoître parcette méthode quelles etoient les constellations où devoit se trouverle soleil dans chaque mois de l’année, et cela suffisoit pour leur don-ner des noms, et en assigner à peu-près les limites.
249. On prétend que les Caldéens étoient parvenus à connoître àpeu-près la grandeur de la terre : ils disoient que la marche du soleilétoit celle d’un homme qui peut faire 3oo stades ( Achill. latins adArati Phœnom. c. 18, dans l’Uranologion du P. Pétau , p. 81 , édit,de 1706), c’est à-dire, comme 011 l'explique ordinairement, qu’unhomme marchant d’un bon pas suivroit le soleil autour de la terre,et arriverait en même temps au point équinoxial, ou qu’en 355 joursun homme feroit le tour de la terre s’il marchoit sans interruption.Nous trouvons en effet aujourd’hui que la terre a 9000 lieues decirconférence (4 0 5 °r, en 365 jours on en feroit 8760 à raison d’unelieue par heure : ainsi les Caldéens auraient eu une idée assez dis-tincte de l’étendue de notre globe, mais cette connoissance 11e mesemble pas remonter plus haut que 3oo ans avant notre ere.
260. Les Caldéens avoient une idée du mouvement des comètes;ils les regardoient comme des planètes dont les révolutions se fai-soient dans des orbites très excentriques, et qui n’éloient visiblesque dans la partie inférieure de leurs orbites; et, suivant Apollo-nius le Mindien , ils en prédisoient les retours. Sénèque et Stobée