ASTRONOMIE ÉGYPTIENNE. 97
279. C’est une chose remarquable et digne de l'exactitude astro-nomique des Egyptiens, que la situation des pyramides d’Egypte. 1Chazelles, envoyé par l’Académie des Sciences en 1694 au Levant,pour y faire des observations astronomiques, rapporta que les pyra-mides qui subsistent encore étoient orientées de maniéré que leursquatre côtés regardoient précisément les quatre parties du monde(Voyez son élog c, Histoire de VAcad. 1710,7?. 149)-
280. .Strabon, qui voyagea en Egypte vers le temps d’Auguste ,11e trouva presque plus de vestiges des sciences parmi les prêtresd’Egypte. « Nous vîmes, dit-il, à Héliopolis de vastes édihces où« habitoient encore les prêtres; on prétend qu’ils avoient été la de-« meure des anciens prêtres célébrés par l’étude de l’astronomie et« de la philosophie : aujourd’hui les choses ont bien changé; nous« n’y vîmes personne qui s’occupât de ces sciences, mais seulement« des hommes qui avoient soin des sacrifices, et qui en expliquoient« aux étrangers les différentes cérémonies. Chaeremon, qui cultivoit« les sciences, avoit accompagné en Egypte le général AElius Gallus;-« mais la stupidité et l’arrogance des Egyptiens leur faisoient mépri-« ser ce savant. O11 montrait encore les édifices où Eudoxe et Platon«avoient habité autrefois (3oq) : en effet, ces deux philosophes y« avoient été ensemble, et, à ce que l’on prétend , avoient demeuré« i3 ans parmi les prêtres d’Egypte. Ces prêtres, fort habiles dans« la science du ciel, la gardoient avec un très grand secret, et ne la« communiquoient à personne ; cependant, à force de temps et de« constance , ces deux philosophes parvinrent à êt»e instruits de« quelques unes de leurs théories, quoique les barbares en dissimu-lassent bien davantage. Ils apprirent , par exemple, la quantité« dont l’année est plus grande que 365 jours ; car dans ce temps-là« on ne connoissoit pas Tannée parmi les Grecs, et l’on ignorait bien« d'autres choses, jusqu’à ce que les jeunes astronomes les apprirent« de ceux qui avoient traduit en grec les monumens des prêtres,te comme ils les apprennent encore tant de ceux-là que des Caldéens»(liv. XVII. p. 806). C’est ainsi que les Egyptiens n’avoient brillélong-temps auparavant qu’à raison de l'ignorance des Grecs ; mais,au temps de Strabon, leur science et leur célébrité avoient passé auxhabitans de la Grece.
281. J'ajouterai encore avec Goguet (tom. III. p. 116, in-4°.)unecause qui a du rendre les Egyptiens plus célébrés que tous les autres;la partialité etle préjugé des Grecs. Nous tenons de ceux-ci touteequenous pouvons savoir de l’état des sciences chez les anciens peuples; laplupart des grands établissemens de la Grece avoient été formés par
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