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Tome premier.
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ICO ASTRONOMIE, LIV. ÎL

vérité, que la grande ourse , mais d’une forme presque semblable - ,-,occupant un moindre champ, et variant moins dans sa situation ; onlui donna (sans doute par comparaison avec l’autre) le nom de petiteourse: mais les trois étoiles qui tonnent la queue de celle-ci, étantrelevées en ligne courbe, et imitant la queue d’un chien plutôt quecelle d’un ours , elle fut aussi appellée kuvoç cynosure, ou queuede chien, comme l'observe Didyme <a) sur le vers 487 duXVllT livrede l’Iliade.

288. Depuis long-temps c’est la derniere étoile de la queue de lapetite ourse qui est pour nous l’étoile polaire, c’est-à-dire qui paroîtavoir moins cle mouvement diurne que toutes les étoiles remarqua-bles qui approchent du pôle ( 3 , 618). Ceux qui navigent dans laméditerranée ont les Alpes au nord , et voient l’étoile polaire sur cesmontagnes, ou Tràmonti, d’où est venu le nom de Tramontane, etle proverbe d’un homme qui perd la tramontane quand il ne sait plusoù il en est.

• 289. L’usage de naviger par le moyen des étoiles avoit aussi lieuparmi les Grecs vers le temps du siégé de Troie -, Homere, en parlantde la navigation d’Ulysse , nous le représente comme observant lesPléiades , le Bouvier, Ürion,. l’Ourse (Odyss. V. vers. 272). La con-noissance des étoiles circompolaires fut ce qui rendit les navigationsdes Grecs plus hardies et plus heureuses. Avant que Thalès de Milet,qui avoit appris des Phéniciens l’usajfe des étoiles boréales , l’eûtcommuniqué à la Grece environ 600 ans avant J. C. (297), les Grecsn’avoient qu’un commerce borné et une navigation timide; ils navi-geoient terre-à-terre, sans s’écarter des côtes, et n’entreprenoientaucun voyage de long cours. On voit, dans le III e livre de l’Odyssée rcombien il falloit aux héros de la Grece de préparatifs , de délibéra-tions, pour traverser la mer Egée. Virgile, toujours attentif au cos-tume , fait ranger toutes les côtes de Grece et de Sicile à la flottetroyenne , sans la conduire en haute mer ,. pour se conformer auxpratiques de ces premiers temps : après l’avoir menée au bout del’Italie, il lui fait faire le long circuit de la Sicile, plutôt que de laconduire aux bouches du Tibre par le détroit de Messine ; on redou-tait encore alors la rencontre de Charybde et de Scylla, qui, du tempsde Virgile, n’épouvantaient plus personne.

290. Mais rien ne fit plus de bruit avant le siégé de Troie, que

(a) Didyme étoit un grammairiend’Alexandrie, qui vivoit 45 ans avantJ. C., et à qui l’on attribue des notessur Homere ; elles sont en grec, et n’ont

point été traduites. L’Homere de Didy-me a été imprimé à Leyde en 2 vol. in- 4 0 .en i655 et i656, avec une traduction,latine du texte d’Hoinere..