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ASTRONOMIE PHENICIENNE. 101
l'expédition des Argonautes , c’est-à-dire le trajet de la Propontide,qui est aujourd'hui la mer de Marmara, entre le détroit des Darda-nelles et celui de Constantinople et du Pont Euxin (actuellement lamémoire). On regarda ce voyage comme un exploit merveilleux :les dieux mêmes passèrent pour avoir été frappés de la hardiesse del’entreprise-, et l’on plaça dans le ciel ce vaisseau mémorable, quiavoit été depuis Iolchos, ville située au fond du golfe de Thessalie,où l’on a bâti depuis la ville de Déinétriade, jusqu’à l'embouchuredu Phase, voyage que font actuellement toutes les barques de Tur-quie. {Voyez M. Cassini, Origine de VAstronomie, 1693, p. 6). Aureste, M. Dupuis ne regarde ce voyage que comme une allégorie dela constellation du Belier ( 5 <> 4 )-
291. Tandis que les Grecs étoient si peu instruits dans la sciencedes astres, et si timides dans leurs navigations, les Phéniciens avoientformé sur les côtes de Syrie un état opulent : on retrouve des vestigesde leurs colonies, et des noms propres tirés de leur langue sur lestrois côtes de la Sicile (Voyez le Chanaan de Sain. Bochart), dans lesprincipales îles de la méditerranée, le long des côtes de Barbarie,en Espagne, où étoient les côtes de Tarsis. Ils s’établirent sur lescôtes d’Afrique et d’Asie , par le golfe arabique , qu’on nommoitdès-lors mer iduméenne , ou mer rouge , parceque les Iduméens ,qui en étoient voisins, tiroient leur nom et leur origine d 'Esaii, quia porté le surnom d'Edom ou rouge : il y avoit des ports dans la merrouge où les Phéniciens avoient la liberté du commerce,
292, Ce furent les pilotes d’Hiram, roi de Tyr, qui, environ 1000ans avant J. C., et lorsque les Grecs étoient encore novices dans lanavigation , l’enseignerent aux Hébreux. Salomon , devenu, par lesconquêtes de son pere , maître de l’Idumée et du fond de la merrouge, sentit (comme l’ont toujours fait les plus grands politiques)la nécessité d’une marine; c’étoitle seul moyen de bannir l’oisivetcde ses états, et d’y ramener l’opulence. Il établit les ports d’Elath etd’Esiongaber sur ha mer rouge : les Hébreux et les Tyriens alloientensemble en Ôphir, que l’on croit être aujourd’hui la côte de Sofala ;ils en rapportoient de l’or, de l’argent, de l’ivoire et des animauxsinguliers. Ils allèrent ensuite à Tarsis en Espagne : mais ils em-ployoient trois ans à faire ce voyage; du moins on croit qu’ils firentle tour de l’Afrique vers l’an 610 avant notre ere, par ordre du roid’Egypte (Hérod. liv. IV. n. 42), et doublèrent le cap de Bonne-Espérance , qui fut ensuite oublié pendant 2000 ans. CependantHérodote , qui raconte cette expédition avec assez de détail, avouequ’il n’y croyoitpas (Hérod. liv. IV,n°42. Reg. /i/,9 et io.Paralif)\.