Band 
Tome premier.
Seite
102
JPEG-Download
 

102 ASTRONOMIE, LIV. II.

IL 8. Spect. de la Nature, tom. IV. p. 826. M. Goguet, t. III. p. i 32,iu-4 0 ). C’est ainsi que les premières connoissances de l’astronomiefurent les premières sources du commerce et de l’industrie des na-tions, de l’activité, delà perfection, de la science, de la philosophie,et, par une suite naturelle, de l’humanité, de la sociabilité et dubonheur des hommes.

ASTRONOMIE DES GRECS.

293. Quelque médiocre que fut l’astronomie des Egyptiens 600ans avant J. C., les Grecs en savoient encore beaucoup moins qu’eux:personne dans la Grece n’avoit songé à observer les mouvemenscélestes, et leurs auteurs en conviennent. Platon attribue aux bar-bares, c’est-à-dire aux étrangers, toute la philosophie des Grecs ,comme l’observe S. Clément d’Alexandrie (Stromatum I. 1 5 , p.355); il remarque encore que Pythagore ctoitTyrrhénien, AntisthenePhrygien, Thaïes Phénicien, qu’Orphée étoit de Tlirace, et HomereEgyptien, suivant le plus grand nombre (TrMÎçni) : tout annonce l’an-tériorité des Africains et des Asiatiques sur les Grecs.

294. Homere 11e parle que de quelques constellations, telles que lesHyades (Odyss. V. v. 47 1)1 les Pléiades, Orion, le Bouvier, l’Ourse(284); Ulysse s’en servoit pour conduire son vaisseau {Odyss. V.272). Hésiode, qu’on croit avoir vécu environ 960 ans avant notreere, rapporte au lever et au coucher héliaque de quelques constella-tions les travaux annuels de la campagne; ce qui fait voir qu’alorsles laboureurs, n’ayant point de calendrier, se servoient des astrespour régler l’agriculture, et que les poètes en parloient à leur imita-tion. Hésiode cite les Pléiades, Arcturus, Sirius, Orion, les Hya-des : il remarqua, par exemple, dans son astrologie, que le coucherdes Pléiades arrivoit le matin au temps de l’équinoxe d’automne(Pline, XVIII. 25): mais, comme le remarque Platon , «desembla-cc blés connoissances ne suftisoient pas pour former des astronomes ;«il aurait fallu connoître les huit orbes célestes , savoir comment«ceux des sept planètes sont placés sous le huitième ciel, et dans

« quel ordre ils sont parcourus.Toutes ces connoissances sont

« difficiles à acquérir, il faut s’y être préparé dès l’enfance par des«études convenables et par un travail assidu (Epinomis, p. 62 3,« édit, de 1548).

295. Thalùs de Milet, que plusieurs auteurs ont dit être Phéni-cien, naquit environ 640 ans avant J. C., dans un temps où les Grecsn’avoient encore aucune astronomie planétaire. Diogene Laërce