ASTRONOMIE INDIENNE. 1 35
Cassini pour parvenir à l’explication qu’il en donna. M. le Gentil arapporté, en '772, de Tirvalour sur la côte de Coromandel, lestables et les préceptes astronomiques des Indiens de ce canton; cespréceptes sont beaucoup plus étendus et plus complets que ceuxque nous devions à la Loubere. M. le Gentil les a accompagnésd’exemples qui en facilitent l’intelligence. M. Bailly a trouvé déplus,au dépôL de la marine, deux manuscrits de tables indiennes, quiviennent de feu M. de l’Isle. L’un lui fut donné par le P. Patouillet,correspondant des missionnaires, et venoit de Narsapur; l’autre,envoyé de l’Inde parle P. du Champ au P. Gaubil, avoit été com-muniqué par ce missionnaire à M. de 1 Isle. Ces tables paroisseritvenir de Clirisnabouram dans le Carnate. Ces deux manuscrits sontimprimés à la suite de l’ouvrage de M. Bailly : ils sont authentiques,et ces tables ont le caractère d’originalité qui témoigne qu’ellesappartiennent aux Indiens. Dans toutes ces tables le mouvement dusoleil est le même, mais elles ont des formes très différentes.
Les Indiens partagent leur année lunaire en 36o jours, quoiquecette année ne contienne réellement que 35q jours 8 h 48'; les 36ojours sont des jours fictifs, des jours plus courts que nos jours solairesmoyens. Les Indiens ont des réductions très ingénieuses etfort exactes,pour revenir de cette supposition, qui leur est commode pour lecalcul, à la réalité des mouveinens célesLes. Les brames de Tirvalouremploient une hypothèse semblable à l’égard du soleil; ils supposentque cet astre fait un degré par jour; il en résulte que l’année, quiembrasse les 36o° du cercle, doit être fictivement de 36o jours; ainsil’hypothese est la même pour les deux astres. Telle est la sourcedes années de 36o jours, que l’on croit avoir été jadis en usage(264),et dans lesquelles l’ordre des saisons aurait été bientôt renversé.M. Bailly pense avec raison que cette année n’a jamais pu existerque comme elle existe chez les Indiens , c’est-à-dire comme suppo-sition du calcul. C’est une année hypothétique. Les Indiens 11e s’ytrompent point; mais les Grecs s’y sont mépris , et leurs auteurs ontrépété que l'antiquité avoit eu une année de 36o jours. Cette expli-cation ingénieuse est un des avantages que nous ont procurés lesrecherches de M. Bailly sur l’astronomie indienne.
386. Les différentes tables dont nous avons parlé ont une époquecommune ; M. Bailly fait voir qu’elle remonte à 3 io2 ans avant notreere. Cependant les tables de Clirisnabouram ont une autre époquede 1’ an i/|pi , qui est assez voisine du temps d’Ulug Beg (mort en1460). On est tenté de croire qu’elle peut avoir été empruntée desobservations faites sous le régné et par les ordres de ce prince (366);