5/f ASTRONOMIE, L 1 V. VI,
Terre étant en un même point T de son orbite: si les digressionsétoient parfaitement égales., ce seroit une preuve que la Terre étoitexactement dans la direction de l'aplu-lie; ainsi l’on connoîtroitpar là sa véritable situation : si ces digressions sont inégales, leurinégalité fera connoître aussi combien il s’en faut que l’aphélie nesoit dirigé vers le point T.
C’est le 24 mai et le 6 décembre que le Soleil et la Terre setrouvent dans la ligne des apsides, et que les plus grandes digres-sions de Mercure doivent être égales: c’est à 5 y° de l’aphélie que lerayon vecteur change le plus et qu’il y a le plus d’avantage àobserver les digressions pour déterminer l’aphélie ; mais celles quisont à 7 5 ° de l’aphélie ont l'avantage de ne pas dépendre del’excentricité.
Dans l’usage ordinaire on n’a pas des observations doublescomme je viens de le supposer.
Soit donc le lieu de Mercure, suivant les tables, en M sur le rayonTM qui touche l’orbite, la plus grande digression étant alors l’angleST M, et la distance à l’aphélie ASM. Si, dans les tables dont nousnous servons, le hep de l’aphélie est mal in-diqué, en sorte quel’aphélie soit réellement en D, en faisant avancer le point A enD, le rayon vecteur SC arrivera en SG, et l’élongation de Mercuresera égale à l’angle STG, plus petite par conséquent que l’élonga-tion calculée STM; si donc on a trouvé par le calcul des tablesune élongation plus grande que celle qu’on a observée, il n’y a qu’àéloigner l’aphélie du heu de 1 observation en laissant toujoursMercure à la même longitude héliocentrique ou sur la même ligneSGM , c’est-à-dire augmenter le heu de l’aphélie, si l’anomalie estplus grande que 6 signes. Un degré d’erreur dans le lieu de l'aphélie
change de ^ la distance au Soleil ; et comme la plus grande digres-sion est alors d’environ 2i°, il en résulteroit 5 minutes d’erreur surcette digression : or on peut l'observer, à îo" près ; donc alors ondoit connoîtie le heu de l’aphélie de Mercure à 4 minutes près,par le moyen de la plus grande digression observée entre 3 et 4 S ,ou entre 8 et p s d’anomalie.
1286. Le 24 mai 1784 à 8 h 7' 5 o" temps moyen, j’observai lalongitude de Mercure 2 S 26° 5 o' 35 "; il étoit alors dans sa plusgrande digression en M à. 22°5r' 12" du Soleil; notre rayon visueltouchoit son orbite à la moyenne distance SM vers p s 8° d anomalie,qui est presque l’endroit où la distance change le plus. Je calculaicette longitude par les tables deHalley, et je la trouvai trop grande