DES ^ CLIPS ES DE SOLEIL. 3 ^
étant alors Chargé de cet ouvrage, d’où l'on tire tous les almanacsde Paiis et des provinces.
1781. Le calcul des éclipses de Soleil, pour un lieu en particulier,est beaucoup plus difticile et plus long que celui des éclipses de Lune,à cause des parallaxes qui y entrent nécessairement; les parallaxesdifferent pour chaque point de laTerre, en sorte qu’une éclipse cieSoleil paroît d’une maniéré différente à difterens pays : à a 5 lieuesde distance d’un endroit où il n’y a point d’éclipse, il peut y en avoirune d’une minute de degré, et qui dureroit ao 1 de temps : au con-traire, une éclipse de Lune paroît de la môme grandeur pour tousceux qui peuvent l’appercevoir; car la Lune, perdant alors vérita-blement sa lumière, devient obscure pour tout le monde.
Si nous étions placés en un point de la surface de la Lune , lors-
S u’elle est éclipsée, et que nous voulussions calculer la maniéréont l’éclipse devrait paraître dans ce point déterminé de la Lune,nous tomberions également dans la difficulté des parallaxes. Carl’éclipse de Lune , qui serait réellement alors une éclipse de Soleil,ayant lieu successivement et différemment pour les différons pointsde la surface lunaire, il faudrait calculer la parallaxe pour le pointde la Lune où nous serions placés.
Au contraire, si, dans le temps que nous avons sur laTerre uneéclipse de Soleil, un observateur placé dans la Lune vouloit nous re-garder, et calculer cette éclipse qu'il appellerait éclipse deTcrre,\\ n’ytrouverait pas plus de difficulté que nous en trouvons dans le calculd'une éclipse de Lune : il verrait les mêmes phases en quelque pointde la Lune qu’il fût placé; il appercevroit une petite tache noire etronde s’avancer sur le disque de la Terre, et le parcourir successi-vement : c’est ainsi qu’il faudra considérer les éclipses de Soleil engénéral, sans égard à la position de l’observateur, pour rendre lathéorie plus simple , et aller pas à pas avant que d’entrer dans desdétails plus compliqués.
La théorie et le calcul des éclipses de Soleil étant difficiles pourceux qui commencent, j’ai cru qu’il falloit employer d’abord uneméthode, pour ainsi dire , mécanique , et telle que les yeux pussentsoulager 1 imagination : je vais donc expliquer une opération gra-phique,avec laquelle on pourra calculer une éclipse de Soleil, pour laTerre en général, avec la même facilité que l’on d calculé une éclipsede Lune (1767), et même trouver, à quelques minutes près, pourchaque pays de la Terre , les circonstances de léclipse , parle moyen<1
<1 un globe terrestre, pourvu qu’on ait fait seulement les calculs pré-liminaires ( 1741 ).