DES ÉCLIPSES DI SOLEIL. 3 Si
la Terre voit le centre du Soleil sur la ligne EAO ( 1782 ), il s’ensuitque, quand la Lune sera au point A de son orbite, elle couvrira leSoleil, et formera une éclipse centrale pour l’observateur placé en E;car alors le centre de la Lune, aussi bien que celui du Soleil, paroî-tront«ur une même ligne EAO.
Si la Lune emploie une heure à parcourir la portion AL de sonorbite, l’éclipse aura lieu pour le point E de la Terre, une heureavant qu’elle aitlieu pour le point K, ou pour le centreT delaTerre,c’est-à-dire, une heure avant la conjonction, que je suppose arriverau point L. L’espace AL est ce que nous appellerons le rayon deprojection (1791, 1823 ), parceque c’est l’espace auquel on rapporteles points E et K de la Terre, comme sur un plan de projection : nousparierons plus en détail de la nature et des circonstances de la pro-jection ( 1812,4059 ).
1785. Je sais que l’on ad’abord quelque peine à se figurer ainsi leSoleil répondant, au même instant, à divers points de la projectionpour différens lieux de la Terre : mais qu’on réfléchisse à ce qui sepasse dans une allée de jardin, où l’on se promene, en voyant leSoleil sur sa droite ; toutes les ombres des arbres sont parallèles en-tre elles : quand on est sur la première ombre, on voit le Soleil ré-pondre au premier arbre; quand on a fait quelques pas, on voit leSoleil répondre à l’arbre suivant; et s’il y a quatre personnes enmême temps, quisoient entre elles à la même distance que les quatrearbres sont entre eux, elles verront répondre le Soleil aux quatrearbres différens : c’est ainsi que l’observateur qui est en D voit leSoleil répondre au point G de l’orbite de la Lune ou de la projection,tandis que l’observateur qui est en K voit le Soleil au point L w ,comme celui qui est en F voitle Soleil au point H.
1786. Dans cette méthode des projections, nous n’avons plus àconsidérer la parallaxe de la Lune, ni la maniéré dont elle paroit àdifférens pays : nous ne considérons que son vrai lieu ; car nousavons transporté au Soleil tout l’effet de la parallaxe, en prenant desrayons parallèles qui partent de chaque point de la Terre., et vontmarquer le lieu du Soleil, dans l’orbite de la Lune, à des points quisont différens , précisément en raison des parallaxes.
Le point de la projection , par lequel nous représ-entons le Soleilou le lieu de l’observateur, n est que le point où passe la ligne qui
(a) Les points E, F, K de la Terre ne sont point fixes; ils tournent par lemouvement de rotation de la Terre : mais, dans ces préliminaires généraux, nousn’examinons pas quels pays de la Terre occupent ces différens points du globe;il suffit de considérer les points en général.
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