DF. L ABERRATION. çi'
Suivant la découverte faite par Romer en 1675 ( 2929 ). On auroitpu d’abord imaginer que l’on voyoit les étoiles 16' plus tard , kcause de leur éloignement, quand elles étoient en conjonction quelorsqu’elles étoient en opposition , et que par là on les voyoit de 40"moins avancées; mais, suivant ce raisonnement, il 11’y auroit pointeu d’aberration pour l’étoile située au pôle de l’écliptique, dont ladistance est toujours la même.
2825. Cependant l’étoile y du Dragon avoit une aberration de2.0" au nord et au sud , qui croissoit comme les sinus des distancesau point où elle étoit nulle, de la même façon que les parallaxesannuelles ( 2791 ); il y avoit donc apparence que cette étoile décri-voit un cercle semblable à celui qui auroit lieu par une parallaxe de20", mais qu’elle le décrivoit de maniéré à être toujours avancéede 20" du côté où va la Terre, puisque l’étoile étoit plus à l’occidentquand elle étoit en opposition. Soit ABCD (fig. 235 ) le cercle ou1 orbite annuelle delà Terre, Eune étoile située au pôle de ce cercle,et qu’il Dut imaginer relevée à une distance prodigieuse au-dessusdu plan delà figure; lorsque la Terre est en A, l’étoile, au lieu deparaître en E, paraît en a , plus avancée de 20" du côté où va laTerre ; lorsque la Terre est en B , l’étoile paraît en b , etc. Tel est lephénomène qui étoit indiqué parles observations de Bradley; nousen parlerons plus au long (2842). Il restoit donc à chercher unmoyen d’expliquer comment l’étoile paroissoit toujours du côté oùalloit la Terre.
2826. Enfin Bradley eut l’idée heureuse de combiner le mouve-ment de la lumière avec celui de la Terre, suivant les loix de la dé-composition des forces (2829) : il essaya cette hypothèse; et voyantqu’elle s’accordoit parfaitement avec toutes les observations , ilrendit compte de sa découverte au mois de décembre 1728 ( Philos.Trans. rt°. 406).
Pour faire voir combien son hypothèse s’accordoit avec ses ob-servations , il disposa dans une Table 1 Sobservations de y du Dragon,faites dans tous les mois de l’année; on y voit combien à chaque jourcette étoile devoit être plus méridionale, suivant le calcul rigoureuxfait d’après les principes que nous allons indiquer, et combien elleavoit paru l’être par l’observation ; la différence ne va jamais au-delà de i"i.
Le même accord que l’on voyoit danscetteTable de y du Dragon,parut sur toutes les autres étoiles, dont l’aberration fut observée etcalculée, quelle que fût leur distance aux colures. Bradley assureque cet accord lui parut surprenant, et que dans plus de 70 obser-
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