ipa ASTRONOMIE, LIV. XVII.
vations qu’il avoit faites de y du Dragon pendant une année, il n'yen avoit qu’une qui différât de l’hypothese de plus de 2", et elleétoit marquée comme très douteuse, à cause des nuages qu’il y avoitce jour-là. Ainsi il dut regarder cet accord des observations commeune démonstration de son hypothèse, ou plutôt il dut cesser de re-garder comme hypothèse une théorie qui s accordoit si bien , et avecle mouvement des étoiles, et avec celui de la lumière, déjà connupar les éclipses des satellites ( 2929 ).
2827. Je passe donc à l’explication de la cause que Bradley assignaaux phénomènes qu'il avoit observés (2823); et comme on a, dansles cominencemens, quelque peine à la bien concevoir, je vais tâcherde la mettre hors de doute, et d’en rendie le principe aussi évidentque doit l’être une proposition de pure géométrie : je vais donc le
f irésenter sous différentes formes ; toutes supposent néanmoins que’on ait une idée de la décomposition des forces dans les parallé-logrammes ( 1232). Soit E une étoile (fig. 2.33) qui lance vers nousun rayon de lumière, considéré comme un corpuscule qui va de Een B ; soit AB une petite portion de l’orbite de la Terre, de 20",par exemple ( 1 on verra art. 2839 pourquoi nous choisissons cenombre 20”), et CB l’espace que le rayon a parcouru en 8 minutes,pendant que la Terre décrivoit AB ; ainsi le corpuscule de lumièreB étoit en C lorsque la Terre étoit en A, et arrive au point B enmême temps que la Terre ; par ce moyen, CB et AB expriment lesvitesses de la lumière et de la Terre en 8' de temps (2835).
Je tire la ligne CD parallèle et égale à AB, et je termine le paral-lélogramme DBA : suivant le principe si connu de la compositionet décomposition des forces, on peut regarder la vitesse CB de lalumière comme résultante de deux vitesses suivant les directions CDet CA. La vitesse CD étant du même sens et de la même quantité
a ue la vitesse AB de la Terre, ne sauroit être apperçue -, elle estétruite pour nous; l’œil ne sauroit voir en vertu d’un rayon quiseroit poussé du même sens et avec la même vitesse que l’œil. Ainsila seule partie CA de la vitesse de la lumière subsistera pour nous ;le rayon parviendra à notre œil sous la direction CA, et nous ap-percevrons l’étoile dans la ligne AC, ou suivant BD qui lui est pa-rallèle; l’angle CBD est ce que nous appelions I’aberration ; c’estla quantité dont une étoile paroît éloignée de sa véritable place, oude la ligne BCE, parl’effet du mouvement de la Terre et de celui dela lumière. ( D 'Alembcrt, dans l’Encyclopédie, au mot Aberration ).
2828. L’on peut encore se représenter le même effet sous uneautre forme; le corpuscule de lumière B yientfrapper notre œil avec