Band 
Tome troisieme.
Seite
94
JPEG-Download
 

ASTRONOMIE, LIV. XVII.situation , leur distance, ne dépendent en aucune façon du mou-vement de ce vaisseau ; ce mouvement est commun à la pierre etau vaisseau , et il est nul par rapport au choc. Néanmoins dans l’es-pace absolu cette pierre est venue de C en B ; ainsi elle a fait lemême chemin réel qu’auroit fait une pierre qui, du rivage R, eûtété jetée directement en B. Voilà donc deux pierres, l une qui vientdu rivage R et qui a parcouru la ligne CB , l’autre qui est partie dupoint C , angle du vaisseau, et qui a de même parcouru la ligne CB,à cause du mouvement de ce vaisseau de A en B : or celle-ci s’estfait sentir suivant la direction DB; donc celle qui auroit été jetéedu rivage R, se seroit fait sentir réellement aussi dans la directionCA ou DB à celui qui étant à l’angle A du vaisseau, se seroit trouvétransporté de A en B, tandis que la pierre venoit de C en B.

2831. On peut appliquer à ce mécanisme la remarque des chas-seurs, qui tirent toujours en avant d’un oiseau qui vole, et non pasdans l’endroit même où ils le voient quand le coup part ( Mau -permis, Elèmens de géographie).

D’autres exemples familiers feront encore mieux sentir ces effetsà ceux pour qui les notions de mécanique ne sont pas familières.Je suppose que, dans un temps calme, lapluie tombe perpendiculai-rement, et qu’on soit dans une voilure ouverte sur le devant; si lavoiture el en repos, on ne reçoit pas la moindre goutte de pluie ; si lavoiture avance avec rapidité, la pluie entre sensiblement, comme sielle avoit pris une direction oblique ; c’est une chose que chacunpeut éprouver, et dont la raison est évidente : le mouvement parlequel nous allons contre la pluie, fait que nous recevons celle quiest eu l’air avant qu’elle soit tombée, et cela revient au même, quesi la pluie avoit pris une direction oblique en suivant la diagonaled’un parallélogramme, dont les côtés seroient la vitesse de la pluiede haut en bas, et la vitesse de la voiture horizontalement ou enavant. Nous avons parlé (art. 1081 ) dn petit chariot qui montreaussi la décomposition du mouvement , et qui peut s’appliquer àl’aberration.

2802. Après avoir expliqué le mécanisme de l’impression com-posée qui produit l’aberration, voyons quelle en est exactement laquantité. En examinant les observations d’un grand,nombre dé-toiles, Bradley jugea que le maximum de l’aberration 0 toit de 20"par exemple, la plus grande variation de y du Dragon en déclinai-son est de 39"; d'où l’on conclut, par le rapport des sinus des la-titudes (2853), que si celte étoile étoit située exactement au pôlede l’écliptique, elle décrirait un cercle dont le diamètre seroit 40'Vj ;