Band 
Tome troisieme.
Seite
95
JPEG-Download
 

DE l’ ABÏRRATIOîT. 9 5

la 35 * étoile de la GîrafFe a 19" d’aberration, d’où Bradley conclut40"^ pour la plus grande aberration ; la derniere de la queue dela grande Ourse « est 3 6 " plus au sud vers le mois de janvier qu’aumois de juillet, ce qui donne 4° ,f 4 5 Chevre environ 16" plus aunord en février qu’en août, ce qui suppose 40” ; toutes les étoilesque Bradley a comparées donnent 40" ou 4E'; mais après le plusample examen, il a choisi 40^ (Phil. Trans. n°. 485 ).

2833. L’aberration seroit moindre si la vitesse de la lumière étoitplus grande , et l’on pourroit s’en assurer avec une lunette dont letube seroit plein d’eau. M. Boscovich , qui m’avoit communiquécette idée dès 1766, a traité cet objet en détail dans le second vo-lume de ses OEuvres, pag. 28 6.

2834. Si pour les étoiles très éloignées la vitesse de la lumièreétoit ralentie , l’aberration seroit plus grande, comme M. Fuss leremarquoit pour expliquer les variations observées par le P. Mayerdans les petites étoiles qui sont voisines des grosses. Mais la lumièredu Soleil emploie à-peu-près le même temps que celle des étoiles àparcourir le même espace, et les belles étoiles ont la même aber-ration que les petites ; ainsi cette hypothèse n’est pas vraisemblable.

2835. La quantité de 20" répond à 8' 7^ dans la Table des mou-vemens du Soleil -, ainsi l’on est assuré , à moins de 5 " près, qu’ilfaut 8' 7" à la lumière du Soleil pour arriver jusqu’à nous dans sesmoyennes distances (2929 ) ; d’où il suit que la vitesse de la lumièreest io 3 i 3 fois plus grande que la vitesse moyenne de la Terre ;par là l’on trouve la véritable quantité de l’équation de la lumière,dont on lait usage dans les Tables des satellites de Jupiter. C’estainsi que les éclipses de ces satellites ayant servi à découvrir l’aber-ration, celle-ci sert aujourd’hui à perfectionner leur théorie, en dé-terminant exactement la valeur d’une équation , que l’on ne pouvoit'pas espérer de connoître avec la même précision par le moyen deces éclipses ( 2982 ).

2836. Avant que d’entrer dans l’explication détaillée des phé-nomènes de l’aberration, je dois avertir que le plan ECBA ( fig. 233 ),qui joint l’étoile E et la ligne AB décrite par la Terre E, s’appelleplan d’aberration , parceque c’est dans ce plan que l’aberration sefait; le lieu apparent de l’étoile, son lieu vrai, 1 œil de l’observa-teur et l’espace qu’il décrit en 8 f de temps , se trouvent tous en-semble dans ce plan , en sorte que l’aberration ne peut faire paroîtrel’étoile dans un autre plan. On appelle aussi triangle d’aberration letriangle CBA formé par le chemin de la lumière avec celui de laTerre , et dont le petit angle C mesure l’aberration. Voyons ce

✓